Nicolas Hulot redécouvre la politique

Le 12 janvier 2016 par Yves Leers
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"Me présenter ne fait pas partie de mon logiciel au moment où je vous parle."
"Me présenter ne fait pas partie de mon logiciel au moment où je vous parle."
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Les cendres de la COP 21 encore chaudes, Nicolas Hulot a mis un terme à sa mission comme «envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète» qu’il a menée pendant trois ans auprès de François Hollande. Il veut ainsi échapper à «une forme d’interprétation politique» alors même qu’il déplore «l’indigence des partis politiques sur le climat».

«Je ne veux pas que mon engagement puisse être considéré autrement que comme un enjeu supra politique», a ajouté le président de la fondation éponyme dans un entretien publié par Le Monde du 11 janvier. Il considère que le dialogue avec François Hollande a été «fructueux dans nombre d’initiatives». Cependant, même s’il a pu «monter au créneau plusieurs fois sur la transition énergétique», il estime que le dossier de Notre-Dame-des-Landes «prouve que nous n’avons pas encore intégré qu’il y a des projets auxquels il va falloir renoncer: il va falloir se développer dans le domaine de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la mobilité et des transports et se désinvestir de tout ce qui encourage l’utilisation des énergies fossiles, tout ce qui consomme des terres nourricières».

L’ACCORD DE PARIS «PAS A LA HAUTEUR»

L’accord de Paris sur le changement climatique? «Sur le plan diplomatique, c’est un moment historique; sur le plan climatique, nous ne sommes pas à la hauteur (…) parce que nous n’avons pas encore mis en cause le modèle qui est à l’origine de la crise climatique.» Selon lui, «il reste beaucoup à faire pour entrer véritablement dans l’ère post-carbone. Nous ne sommes pas sortis d’un modèle capitaliste qui crée la rareté, qui épuise les ressources». «L’important, c’est à présent de donner un prix au carbone», dit-il en espérant que l’UE va très rapidement réviser son système de marché du carbone qualifié de «plaisanterie abominable».

Inquiet que certains «considèrent la dégringolade des prix du pétrole comme une aubaine», il se dit «frappé par l’indigence des partis politiques sur la question du climat». Il se demande ainsi «comment la droite peut se revendiquer de la modernité quand un sujet qui conditionne tous les autres –le climat- est aussi absent de ses écrans radar. Ses seules propositions ont été de prôner l’exploitation du gaz de schiste ou de remettre à plat le principe de précaution». Et la gauche? «Elle ne croule pas sous la réactivité et l’analyse fine.» Les Verts ne sont pas cités.

«NO WAY»

L’avenir, la politique ? «J’ai besoin de répit, de recul», dit-il. Mais surtout pas de «politique telle qu'elle s'exerce, celle-là, c'est ‘no way’». Hors de question. La présidentielle de 2017? «Il ne faut jamais dire jamais mais, très honnêtement, me présenter ne fait pas partie de mon logiciel au moment où je vous parle.» Mais il aimerait tant «qu’un homme ou une femme se distingue et puisse incarner cette soif profonde de la société française d’exercer différemment la politique au-delà des idéologies creuses et des attitudes partisanes ou politiciennes». Pour l’instant, il ne voit personne.

 



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