Nicolas Hulot peine à définir sa feuille de route

Le 26 juillet 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Dure fin de journée, ce mardi 25 juillet, pour le ministre d’Etat à la transition écologique et solidaire. Auditionné par la commission du développement durable de l’assemblée nationale, Nicolas Hulot a tenu une demi heure avant d’être terrassé par un malaise, qualifié de sans gravité par ses proches.

Entretemps, le créateur de la fondation pour la nature et l’homme a esquissé les principales priorités de son ministère et la méthode qu’il entend appliquer.

Les convictions ne suffisent pas

Se défendant d’être un idéologue, le nouveau locataire de l’hôtel de Roquelaure propose, d’abord, de travailler étroitement avec les parlementaires. «Les convictions qui sont les miennes ne suffiront pas» à atteindre les objectifs. Reconnaissant «ses zones d’ombre», il souligne son besoin d’être alimenté en bonnes idées. De quoi se concilier les bonnes grâces des députés.

L’ancien animateur de télévision se veut aussi réaliste. Son souhait n’est pas de fixer de nouveaux objectifs à long terme «sans être là pour en vérifier le succès» mais d’engager le pays sur «des trajectoires irréversibles».

Se préparer à la fermeture des réacteurs

Devançant les questions des élus, le ministre a précisé son propos. En prenant comme exemple l’article premier de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, limitant à 50% de la production d’électricité la part du nucléaire, à l’horizon de 2025. Le 11 juillet dernier, Nicolas Hulot a rappelé que l’atteinte de cet objectif nécessiterait la fermeture d’un certain nombre de tranches, «peut-être jusqu’à dix-sept réacteurs, il faut qu’on s’y prépare.» Endossé par les experts et par la Cour des comptes, ce chiffre a provoqué un tollé, notamment chez les syndicalistes du secteur de l’énergie.

PPE révisée

Mais Nicolas Hulot n’a pas tort. Si le cap a bien été fixé par la loi Royal, la feuille de route reste à écrire. Or, EDF n’a toujours pas fourni le plan stratégique lui permettant d’inscrire ses pas atomiques dans ceux de la loi. Obligation légale, cette planification est indispensable à la révision (en cours) de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Publiée à la fin du mois d’octobre dernier, sa première mouture ne soufflait mot de l’énergie nucléaire, à l’origine pourtant des trois quarts de la production d’électricité tricolore.

Rationalité, sûreté, social

Qu’attendre de la PPE Hulot? Probablement un objectif nucléaire révisé à la baisse: «il faut voir ce qui est faisable», sans omettre de «regarder la rationalité économique, la sûreté et le social.» La législation encadrant les énergies renouvelables sera probablement amendée. Nicolas Hulot s’agace du fait qu’il faille une quinzaine d’années entre la publication des résultats d’un appel d’offres et l’installation des premières éoliennes marines, notamment. «Et à ce moment-là, on se rend compte que la méthode de l’appel d’offres est obsolète et qu’il faut tout reprendre à zéro.» Parallèlement, le ministre en charge de l’énergie annonce la création d’un groupe de travail sur la précarité énergétique.

Intelligence collective

Autre priorité: les états généraux de l’alimentation (Egal). «Cela peut être un moment d’intelligence collective», comparable au Grenelle de l’environnement, commente Nicolas Hulot. Le ministre estime que seule la réussite de ce débat, initié le 20 juillet, est à même de réconcilier les agriculteurs, consommateurs et environnement. Petit bémol, c’est Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture, qui est aux manettes des Egal.

Un peu comme pour la santé environnementale, troisième pilier du ministère Hulot. «A force d’attendre la démonstration des conséquences, on n’a plus que nos yeux pour pleurer.» Une allusion directe aux milliers de morts provoquées par l’amiante. Sans plus.

Réconcilier économie et écologie

Le réalisateur du Syndrome du Titanic veut aussi, comme tant d’autres, réconcilier économie et écologie. Persuadé que la transition écologique peut être l’un des leviers du retour de la croissance, il met particulièrement l’accent sur les promesses offertes par l’économie bleue. «A condition, toutefois, que la mer n’apparaisse pas comme un nouvel eldorado à piller.»

Financements climatiques

Piller: un verbe qui sonne, sans doute, aux oreilles des dirigeants de nombreux pays vulnérables aux conséquences des changements climatiques. L’un d’entre eux, les Fidji, présidera le prochain sommet climatique annuel, rappelle Nicolas Hulot. Le 12 décembre, quelques jours après la fin de cette COP 23, le gouvernement français organisera une autre réunion internationale sur le climat. «Ce ne sera pas redondant avec la COP 23», a précisé le ministre. Organisée en partenariat avec la Banque mondiale, la réunion de Paris doit être largement consacrée aux financements de l’adaptation des nations «qui ont beau jeu de ne plus croire nos promesses.»

 



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