Nicaragua: le super canal qui n'aime pas l'eau douce

Le 05 janvier 2015 par Stéphanie Senet
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Le canal du Nicaragua doit traverser le lac Cocibolca
Le canal du Nicaragua doit traverser le lac Cocibolca

Le gouvernement du Nicaragua a inauguré, le 22 décembre, les travaux de son canal interocéanique censé concurrencer le canal du Panama dès 2020. Un projet controversé, qui menace le lac Nicaragua, la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale.

Le président et ancien commandant sandiniste Daniel Ortega a changé d’avis, donnant son feu vert au projet de canal. Celui-ci, avec 278 kilomètres de long (plus de trois fois plus que le canal du Panama) et 27,6 mètres de profondeur, doit relier l’océan Pacifique à la mer des Caraïbes, permettant le passage de bateaux allant jusqu’à 400.000 tonnes. Evalués à 50 milliards de dollars (41 Md€), soit 5 fois le PIB national, ces travaux pharaoniques ont été confiés à l’entreprise chinoise HK Nicaragua Development Investment Company (HKND), pour une durée de 5 ans. L’entreprise a également emporté le contrat de concession, valable pendant 50 ans et renouvelable une fois.

 

Risques de salinisation et de pollution du lac Nicaragua

Les associations écologistes expriment leurs inquiétudes depuis plusieurs mois. Car le canal doit traverser le lac Nicaragua (ou Cocibolca), qui s’étend sur plus de 8.000 km2 et représente la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale. Les travaux risquent d’assécher le fleuve qui conduit au lac ainsi que de saliniser et de polluer l’eau, menaçant les nombreuses espèces locales (notamment des Cichlidés). L’alerte avait été donnée en février dernier par le professeur de biologie allemand Axel Meyer et le directeur du Centre de biologie moléculaire de l’université de Managua Jorge Huete-Perez.

 

Deux réserves naturelles sur le tracé

Alors qu’aucune étude d’impact n’a été réalisée, le canal doit aussi traverser deux réserves naturelles protégées (dont celle de Cerro Silva) abritant des espèces menacées dont le jaguar (Panthera onca), l’ara de Buffon (Ara ambiguus), et le tapir (Tapirus), selon l’ONG danoise Forests of the world, présente au Nicaragua depuis 1997. Sans oublier les dommages potentiels sur les tortues de mer, les récifs coralliens et les mangroves, dus à la construction de ports sur les côtes pacifique et atlantique.

 

30.000 personnes expulsées

Selon l’ONG, 30.000 Nicaraguayens, dont des paysans et des Indiens namas et nahuas, doivent aussi être expulsés dans les semaines qui viennent. Des dizaines de manifestations ont été organisées depuis septembre 2014, sans infléchir jusque-là la position du gouvernement.

 



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