Ni gluten, ni caséine: un bénéfice dans l’autisme?

Le 07 mars 2012 par Romain Loury
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Les régimes sans gluten et sans caséine pourraient être efficaces chez certains enfants autistes, ceux souffrant par ailleurs de troubles digestifs et d’allergies alimentaires, selon une étude américaine publiée dans la revue Nutritional Neuroscience.

L’hypothèse, qui remonte aux années 1960, repose sur l’idée que le gluten et la caséine, protéines respectivement présentes dans les céréales et le lait -et fréquents allergènes-, seraient des précurseurs de peptides opioïdes venant perturber le fonctionnement cérébral. Or l’autisme serait lié à de fréquents troubles digestifs et une plus grande perméabilité intestinale, favorisant la pénétration de ces peptides.

Dans un rapport très critique publié en 2009, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) [1] estimait qu’il n’y avait «aucune raison d’encourager» ce régime. Elle y pointait un manque de preuves d’efficacité, un risque de déséquilibre alimentaire, l’absence de bien-fondé de la «théorie opioïde», voire d’un quelconque surcroît de troubles digestifs chez les autistes. Pourtant, cette «prise en charge alternative» serait «fréquente» en France.

Le débat semble bien loin d’être clos, au vu des travaux menés sur 387 enfants par Christine Pennesi et Laura Cousino Klein, chercheures en santé comportementale à la Pennsylvania State University. Une étude certes sans groupe placebo -l’une des critiques de l’Afssa quant aux études menées à ce jour-, mais qui montre un bénéfice croissant en fonction de la durée et du bon suivi du régime.

Point majeur de l’étude, le bilan était particulièrement favorable, notamment au niveau social, chez les autistes souffrant en outre de troubles digestifs ou d’allergies alimentaires, bien plus que chez ceux qui n’en présentaient pas. Selon les chercheures, il s’agit de la première fois qu’une étude démontre ce phénomène.

«L’autisme semble plus qu’une maladie neurologique: il pourrait impliquer le système gastro-intestinal et le système immunitaire», commente Laura Cousino Klein dans un communiqué de la Pennsylvania State University. «Si des parents souhaitent que leurs enfants essayent un régime sans gluten et sans caséine, ils doivent vraiment ne pas s’en écarter afin d’en tirer le plus de bénéfices», ajoute-t-elle. Une décision qui ne doit pas être prise sans en avoir discuté avec son médecin, rappelle la chercheure.

[1] L’Afssa est l’une des ancêtres de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), fondée en 2010



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