New York: l’interdiction des sodas maxi, efficace sans discrimination

Le 19 juin 2013 par Romain Loury
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Les sodas maxi sont interdits dans les restaurants new-yorkais.
Les sodas maxi sont interdits dans les restaurants new-yorkais.
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L’interdiction des sodas maxi dans les restaurants new-yorkais bénéficierait avant tout aux adolescents et aux jeunes adultes en surpoids, sans distinction de classe socio-économique, selon une étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition (AJCN). Rejetée en mars par la Cour suprême de New York, cette mesure anti-obésité vise à interdire la vente de tout soda de plus de 16 onces (48 centilitres) dans les restaurants de la ville. Parmi les motifs invoqués par le juge, elle constituerait une discrimination envers les petits commerçants et les classes sociales défavorisées [1].

 

Alors que les débats en appel ont débuté le 11 juin, la mairie de New York dispose d’un nouvel argument fort contre cette accusation, en l’occurrence une étude publiée le 12 juin par deux chercheures de la Columbia University, Claire Wang et Seanna Vine. Menée sur les données nationales de l’étude NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey), elle révèle que la mesure toucherait avant tout les personnes en surpoids, indépendamment de leur statut socio-économique.

 

Selon cette modélisation mathématique, les sodas de plus de 16 onces, achetés dans des fast-foods pour deux tiers d’entre eux, sont consommés chaque jour par 11,8% des adolescents (12-19 ans) et par 11,1% des jeunes adultes (20-44 ans). Or les classes défavorisées consomment certes plus de soda en volume, mais pas forcément plus sous format maxi -et même parfois moins, par exemple chez les enfants et adolescents. Toutes classes confondues, l’effet d’une telle interdiction serait probablement modeste, jugent toutefois les deux chercheures. Les enfants consommant des sodas maxi s’épargneraient ainsi 57,6 kilocalories par jour; les adultes, 62,6 kcal/jour. Pas négligeable, mais assez loin des 301 kcal de soda qu’ingère chaque jour un adolescent américain, ce qui équivaut à 13% de son apport énergétique quotidien.

 

Autre bémol, la possibilité que le consommateur se rabatte sur les points de vente dans lesquels l’interdiction ne s’appliquerait pas, tels les épiceries et les supermarchés. Pire: les restaurateurs pourraient contourner la mesure avec des offres du type «2 boissons pour 1», ce qui pourrait même la rendre contre-productive [JDLE].

 

 

[1] L’argument est à double tranchant: si la justice y voit une discrimination financière envers les moins aisés, ceux-ci sont aussi les plus frappés par l’obésité.

 



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