NER 300: les Français font pâle figure

Le 13 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Pas d'argent du carbone pour l'énergie thermique des mers.
Pas d'argent du carbone pour l'énergie thermique des mers.
DCNS

C’était l’un des plus ambitieux projets climatiques du précédent gouvernement français. Monté dans le cadre du projet international Ulcos, il prévoyait d’installer le premier système complet de captage et de stockage géologique de CO2 (CSC) dans l’usine sidérurgique ArcelorMittal de Florange. Les 800.000 tonnes de gaz carbonique ainsi captées devant être injectées dans un site géologique situé à l’ouest de Verdun. Un projet qui vient de prendre une volée de plombs dans l’aile.

Comme des dizaines de projets innovant dans les domaines de la CSC et des énergies renouvelables, Florange devait être en partie financé par le programme européen NER 300. Instauré par l’article 10 de la directive Quotas, ce dispositif prévoit de mettre de côté 300 millions de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Leur vente (organisée par la banque européenne d’investissement) devant apporter des fonds nécessaires au co-financement de ces opérations prototypes.

Ce n’est pas un secret, NER 300 rapportera beaucoup moins que prévu. Optimistes, ces initiateurs espéraient récupérer entre 6 et 7 milliards d’euros de la cession des permis d’émission. Dans un document publié hier 12 juillet, la Direction générale de l’action climatique a reconnu qu’il fallait plutôt tabler entre 1,3 et 1,5 milliard. Quand l’économie ne va pas, les émissions baissent, entraînant dans leur chute le prix des quotas d’émission.

Il a donc bien fallu choisir parmi les 79 projets (13 de CSC et 66 de renouvelables) envoyés à la Commission européenne en mai 2011. D’autant que la BEI a déjà trouvé preneurs pour 140 millions de quotas, pour 1,14 Md€.

Sur les 8 projets de CSC finalement retenus par Bruxelles, Ulcos figure en 8e position. Aucune chance de recevoir le moindre subside du NER 300. L’argent réservé à la séquestration géologique du CO2 devrait être partagé entre le Britannique Don Valley Power Project (une centrale thermique à charbon équipée d’un système de gazéification, d’une unité de captage de CO2, le tout relié par carboduc de 90 kilomètres de long à un aquifère sous-marin), la centrale polonaise de Belchatow (centrale au charbon dotée d’un CSC et d’un carboduc de 60 km de long), le projet néerlandais Green Hydrogen (CSC installé dans une usine d’hydrogène; le CO2 étant envoyé par carboduc dans un ancien gisement de gaz sous-marin).

Côté ENR, 22 opérations-pilotes ont été pré-sélectionnées, dont ETM Martinique, un prototype de centrale d’énergie thermique des mers, conçu par DCNS et STX. Classé 22e sur 22, cet audacieux projet —et seul à arborer la cocarde tricolore— a lui aussi peu de chance d’être co-financé par Bruxelles.

La Commission préfére la valorisation de la biomasse. 5 des 10 premières opérations retenues concernent ce mode de production d’énergie. A l’instar de Pyrogrot, un procédé de fabrication de «sylvo-carburants» à partir de déchets forestiers; de GoBiGas, un système de gazéification de déchets forestiers ou de la conversion de fibres lignocellulosiques de déchets agricoles en éthanol. Ce trio de tête est assuré de recevoir de l’argent européen.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus