Néonicotinoïdes: Syngenta et Bayer attaquent Bruxelles

Le 27 août 2013 par Marine Jobert
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La France perd 300.000 colonies par an depuis 15 ans.
La France perd 300.000 colonies par an depuis 15 ans.

De concert, le Suisse Syngenta et l’Allemand Bayer ont annoncé, ce 27 août, qu’ils contestaient devant la Cour de justice de l’Union européenne la décision de Bruxelles d’interdire pendant deux ans –et pour certaines cultures- des pesticides fabriqués par les deux entreprises chimiques. Une interdiction qui doit prendre effet au 1er décembre prochain pour trois néonicotinoïdes, désignés comme responsables de l’effondrement des colonies d’abeilles et autres pollinisateurs: la clothianidine et l'imidaclopride de Bayer et le thiaméthoxame de Syngenta. Bayer avait déjà, sans communiquer, déposé plainte mi-août.

 

Evaluation «inadéquate»

La Commission a pris sa décision «sur la base d'un processus défectueux, d'une évaluation inadéquate et incomplète de l'autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et sans le soutien de tous les Etats membres de l'Union européenne», affirme Syngenta dans un communiqué. Parmi les Etats opposés à cette interdiction temporaire, on comptait la Grande-Bretagne, la Hongrie et l’Italie. La France, l’Espagne et l’Allemagne avaient en revanche soutenu l’interdiction.

 

Une interdiction limitée

L’interdiction porte sur l’usage de ces néonicotinoïdes pour les semences enrobées, les micro-granules (traitement du sol), la pulvérisation (traitement foliaire) sur les cultures qu’affectionnent les abeilles, à savoir le colza, le maïs, le tournesol et le coton. Lorsqu’ils sont effectués sous serre ou en plein champ après la floraison, ces traitements restent toutefois autorisés et ce, même pour les cultures qui attirent les abeilles. Enfin, les usages qui restent autorisés ne sont désormais accessibles qu’aux professionnels.

 

«Nous aurions préféré ne pas intenter une action en justice, mais nous n'avons pas le choix étant donné que nous sommes persuadés que la Commission a établi à tort un lien entre le thiaméthoxame et le déclin de la santé des abeilles. En suspendant le produit, elle a enfreint la législation européenne sur les pesticides et a indûment appliqué le principe de précaution», argumente John Atkin, le directeur opérationnel de Syngenta, cité dans le communiqué.

 

Faire pression

Des arguments dénigrants dont les deux agrochimistes sont coutumiers à l’égard des décisions de l’Efsa ou de la Commission qui leur sont défavorables. En avril dernier, Corporate Europe Observatory (CEO) -qui traque les lobbies dans les instances européennes- avait publié des courriers envoyés par les deux entreprises à différents commissaires européens et à l’Efsa, afin d’infléchir le processus de régulation comme le cours de l’expertise scientifique. La palette des arguments utilisés était vaste, allant de la pression amicale au dénigrement, en passant par les menaces de poursuites et la campagne de communication classique. Extrait, quelques semaines après l’interdiction par la France du Cruiser, produit-phare de Syngenta: «Les interdictions sont faciles à décider, mais dures à lever. Une interdiction du Cruiser OSR et des autres néonicotinoïdes se ferait sans aucune base scientifique crédible et n’aurait absolument aucun impact sur l’amélioration de la santé des abeilles». Des arguments que l’on retrouve aujourd’hui dans les doléances des deux entreprises.

 

 



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