Néonicotinoïdes: retour sur une évaluation à l’aveuglette

Le 16 janvier 2013 par Marine Jobert
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Les abeilles contaminées par les néonicotinoïdes.
Les abeilles contaminées par les néonicotinoïdes.
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C’est la famille d’insecticides la plus utilisée dans le monde. Et, tout naturellement, les abeilles ne l’aiment pas. Mais pas forcément pour les raisons que l’on croyait. Déclinés en trois matières actives, les néonicotinoïdes (clothianidin, imidacloprid et thiamethoxam) sont lourdement critiqués par l’agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa).

Ce n’est pas la première fois que l’agence éreinte le Gaucho ou le Cruiser -les préparations les plus célèbres- pour leur rôle dans l’effondrement des colonies d’abeilles. Mais cette fois-ci, elle décrit plus précisément les voies de contamination des insectes par ces substances utilisées en granules ou qui enrobent les semences.

Le pollen et le nectar, la poussière dégagée par les semences –particulièrement en utilisation sous serre- et la «guttation» (c’est-à-dire l’exudation des plants de maïs traités) sont autant de voies de contamination pour les abeilles, qu’une dose infinitésimale suffit à supprimer. Le reproche du «manque de données» sur quantité d’aspects de l’évaluation revient en boucle sous la plume de l’Efsa.

Exemple: pour les trois insecticides, «l’évaluation des risques pour les autres pollinisateurs (…) et pour les cultures suivantes n’a pas pu être évaluée sur la base d’informations valables», note l’Efsa. «Le colza peut repomper le pesticide sécrété l’année précédente par le maïs et contaminer les abeilles», décrypte François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Les scientifiques de l’Efsa n’ont mené aucune étude en propre; ce sont les industriels qui leur ont fourni les données. Celles-là mêmes qui ont servi à la Commission européenne pour délivrer les autorisations de mises sur le marché. «Les lacunes dans les études, pointées par l’Efsa, démontre que ces pesticides ont été autorisés alors même que des données manquaient», dénonce François Veillerette, qui estime toutefois que l’Efsa progresse dans sa prise en compte de l’expertise scientifique extérieure. Une autre étude, publiée fin mars 2012 par l’Institut national pour la recherche agronomique (Inra), le CNRS et l’Institut des abeilles, aura en effet retenu l’attention de l’agence: le thiaméthoxam y était désigné comme l’un des facteurs de désorientation des abeilles, qui peinaient à retrouver le chemin de leur ruche.

Controversée depuis près de 10 ans, la question de l’innocuité des néonicotinoïdes sur les abeilles fait et défait les autorisations. Au printemps, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, avait interdit le Cruiser sur le colza. Mais son utilisation sur le maïs est toujours autorisée en France.

 



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