Néonicotinoïdes: parfois pire dans les fleurs sauvages

Le 04 novembre 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La berce sphondyle
La berce sphondyle
DR

Pas besoin d’aller butiner du colza pour ramener des néonicotinoïdes à la ruche: selon une étude britannique publiée dans Environmental Science & Technology, les fleurs sauvages qui poussent en bordure des champs seraient encore plus imprégnées de ces pesticides, très néfastes pour les pollinisateurs.

Aucun répit pour les abeilles… pour celles butinant à proximité de champs semés de graines enrobées de néonicotinoïdes, il y avait encore l’espoir que la contamination par ces pesticides soit diluée par les fleurs sauvages en bordure des champs. Peine perdue: Cristina Botías, de l’université du Sussex à Brighton, et ses collègues révèlent que le nectar et le pollen de ces fleurs en sont souvent plus imprégnés que ceux de la culture elle-même.

Selon leur analyse menée dans les champs du Sussex de l’Est (sud-est de l’Angleterre), la concentration totale de néonicotinoïdes est souvent bien plus élevée dans les fleurs sauvages à proximité des champs de colza que dans les fleurs de celles-ci. Très variable d’un endroit à l’autre, elle s’élève jusqu’à 86 nanogrammes par gramme de pollen pour un échantillon de pollen de berce sphondyle, jusqu’à 64 ng/g pour le coquelicot, alors qu’elle se situe autour de 3 ng/g pour celui de colza.

Une voie principale d’exposition

Analysant le pollen ramené à la ruche, les chercheurs estiment même que 97% des néonicotinoïdes portés par les abeilles proviennent de ces fleurs sauvages, les 3% restants provenant de la culture. Selon eux, cette forte contamination s’explique par la forte persistance des néonicotinoïdes dans les sols, et leur grande capacité de diffusion.

«Les agriculteurs sont souvent encouragés à semer des bandes de fleurs sauvages en marge de leurs cultures, comme un moyen de favoriser les populations de pollinisateurs, mais aussi d’attirer et de retenir les ennemis naturels des insectes pathogènes (…) Il est préférable de ne pas créer ces bandes fleuries juste à côté de cultures traitées ou sur du sol où des cultures ont été traitées par le passé, afin d’éviter l’exposition aux néonicotinoïdes», concluent les chercheurs.

Depuis décembre 2013, trois néonicotinoïdes (imidaclopride, thiméthoxame, clothianidine) font l’objet d’une suspension au niveau européen en raison d’un risque élevé pour les pollinisateurs, et ce pour une durée de deux ans. Alors que la fin du moratoire approche, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a réaffirmé que des «risques élevés» étaient avérés ou ne pouvaient être exclus pour les traitements foliaires, et étudie actuellement la question des semences enrobées. En mai, le gouvernement français s’est engagé à soutenir une extension du moratoire à l’ensemble des néonicotinoïdes.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus