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Néonicotinoïdes: le Royaume-Uni trop complaisant avec les industriels

Le 29 juillet 2014 par Romain Loury
L'abeille anglaise, peu soutenue par ses gouvernants
L'abeille anglaise, peu soutenue par ses gouvernants

La Chambre des communes met en garde le gouvernement britannique: celui-ci doit cesser de s’opposer à l’interdiction des néonicotinoïdes, et ne pas s’en remettre aux industriels pour financer les recherches sur la mortalité des pollinisateurs.

Publié lundi 28 juillet, cet avis du comité d’audit environnemental, organe de la Chambre des communes présidé par la travailliste Joan Walley, sonne comme un avertissement contre la future stratégie nationale sur les pollinisateurs. Attendue à l’automne sous sa version finale, celle-ci est soumise à consultation publique depuis fin mars.

En avril 2013, le comité d’audit environnemental avait publié un rapport sur la mortalité massive des pollinisateurs, au premier rang desquels les abeilles. Pêle-mêle, elle citait comme responsables la perte d’habitat, le changement climatique, les parasites et les pesticides, en particulier les néonicotinoïdes. En vertu du principe de précaution, le comité sommait le gouvernement de suspendre trois d’entre eux, à savoir la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame.

Peine perdue: le gouvernement avait alors expliqué que les études actuelles ne permettaient pas de trancher à ce sujet. En mai 2013, c’est la Commission européenne, sur avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui prenait la décision: depuis décembre, ces trois substances ont ainsi vu leur usage suspendu pour une durée de deux ans, du moins pour certaines utilisations (voir le JDLE). Une décision contre laquelle le Royaume-Uni avait d’ailleurs bataillé.

Dans la foulée de ce premier rapport du comité, le gouvernement s’était engagé à faire plancher un groupe d’experts sur les pollinisateurs, travaux préfigurant sa stratégie nationale. Si le comité salue certains aspects de ce premier jet, notamment une sensibilisation du public à des alternatives bio, il en critique bien d’autres. Notamment la façon dont le département de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (Defra) compte s’y prendre en matière de recherche.

Une recherche dans les règles de l’art

«Lorsqu’il s’agit de recherche sur les pesticides, le Defra se contente de laisser les fabricants financer le travail [pour s’en tenir au rang d’«arbitre»]. Ce type de recherche devant trouver l’assentiment du public, un contrôle indépendant doit être assuré à chaque étape. Et contrairement à d’autres études financées par ces compagnies, celles-ci devront être évaluées par des pairs, puis publiées dans leur intégralité et sans délai», estime Joan Walley.

«Le Defra devra utiliser sa stratégie nationale sur les pollinisateurs en soutien de l’interdiction européenne des néonicotinoïdes. Il doit non seulement s’engager à accepter cette interdiction, mais aussi ne pas chercher à la contourner lorsque la Commission européenne en effectuera la réévaluation l’an prochain», au terme des deux ans de la suspension temporaire, avertit la députée travailliste.

Autre point de discorde, la tendance du gouvernement à trop conditionner le principe de précaution à des aspects économiques. Dans son avis, le comité estime que «le gouvernement doit aller au bout de son argument, en démontrant clairement non seulement l’impact des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs, mais aussi leur bénéfice sur les rendements ainsi que les coûts possibles d’une baisse de la pollinisation».

Pour les experts scientifiques, l’impact des néonicotinoïdes sur les abeilles et autres pollinisateurs ne laisse plus de place de doute. Pire, ces insecticides pourraient s’en prendre à bien d’autres espèces, des vers de terre jusqu’aux mammifères, comme le suggère une récente analyse de la littérature (voir le JDLE). De quoi évoquer un peu plus le cas du DDT il y a plus de 50 ans…



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