Néonicotinoïdes: des abeilles plus ou moins perdues

Le 16 juillet 2014 par Romain Loury
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Sous néonics, l'abeille préfère le beau temps
Sous néonics, l'abeille préfère le beau temps
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La cause est désormais entendue: les néonicotinoïdes désorientent les abeilles, qui peinent à retrouver leur ruche. Mais cet effet est plus ou moins grand selon les conditions météorologiques et la complexité du terrain, révèle une étude française publiée dans la revue Nature Communications.

En 2012, cette même équipe avignonnaise, associant le CNRS, l’Inra, l’ACTA et l’Itsap-Institut de l’abeille [1], avait démontré que de faibles doses de thiamétoxam empêchaient les abeilles de retrouver le chemin de leur ruche. Pour cela, les chercheurs les avaient relâchées à environ 1 km de leur ruche, s’assurant de leur retour à l’aide de puces RFID collées sur leur thorax. Recourant à la même méthode, ils se sont cette fois-ci interrogés sur les conditions extérieures qui pourraient influer sur l’effet du thiamétoxam.

Selon leurs résultats, le taux de non-retour grimpe à 26% en cas de conditions météorologiques défavorables, par exemple ciel nuageux et températures comprises entre 15°C et 20°C, contre seulement 3%  de non-retour lorsque le temps est plus clément, tel que ciel dégagé et température supérieure à 28°C.

Autre constat, le risque moyen de non-retour n’est que de 18% dans les paysages peu complexes, tels qu’une plaine en agriculture intensive, contre 35% dans les paysages bocagers, plus «accidentés».

«L’exposition à de faibles doses d’insecticide semble altérer [la] capacité [des abeilles] à faire appel à leur mémoire spatiale. Un réseau bocager dense devient alors un véritable labyrinthe pour ces abeilles, devenues moins capables de reconnaître leurs repères visuels», explique le CNRS.

Même explication pour le mauvais temps, qui oblige les abeilles à plus recourir à leur mémoire. Toutefois, «il est possible que le taux de disparition accru par mauvais temps soit également relié à des contraintes physiologiques et énergétiques supplémentaires pour que les abeilles puissent voler à faible température», avance le CNRS.

Avec l’imidaclopride et la chlothianidine, le thiamétoxam fait partie des 3 néonicotinoïdes suspendus en 2013 pour une durée de deux ans. Alors que leurs effets sur les abeilles ne font plus trop de doutes, plusieurs travaux récents suggèrent même des effets sur l’ensemble de la faune, évoquant un désastre écologique du même acabit que le DDT il y a plus de 50 ans (voir le JDLE ici et ici).

[1] Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Institut national de la recherche agronomique (Inra), Association de coordination technique agricole (Acta), Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (Itsap).



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