NDDL: urbaniser la ville, avec ou sans aéroport?

Le 27 mai 2016 par Marine Jobert
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Un tract des opposants.
Un tract des opposants.
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Densifier ou étendre? Construire sur les communes libérées par Nantes-Atlantique ou plus au nord vers NDDL? Des opposants au projet de nouvel aéroport ont phosphoré autour de l’urbanisme post-déménagement. Ils estiment que cet aéroport serait non seulement inutile, mais aussi néfaste pour l’agglomération nantaise.

Devenu enjeu d’affrontements nationaux, le projet de construire un nouvel aéroport sur la commune de Notre-Dames-des-Landes reste un enjeu d’aménagement local. D’où la question abordée dans le 8e cahier de l’atelier citoyen, une structure d’expertises citoyennes qui planche sur les alternatives au projet actuel: l’impact sur l’urbanisme du déménagement de l’aéroport au nord de Nantes. Est-il vraiment nécessaire pour répondre aux besoins en logements et équipements d’une métropole devenue très attractive? 

Fort étalement urbain

L’agglomération nantaise a connu des fortunes migratoires diverses à travers les ans, mais elle est sans conteste un territoire attractif: sa population a été multipliée par 3,5 depuis 1960, pendant que la densité était divisée par 2. Ce qui s’explique par un étalement urbain important. «Est-ce que l’on continue ainsi?», interroge Françoise Verchère, co-présidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (CéDpa), alors qu’à horizon 2030, entre 75.000 et 100.000 habitants supplémentaires sont attendus, selon les hypothèses. Or la construction à NDDL sera «mécaniquement» un aspirateur à habitants vers le nord, affirment les opposants. Au détriment des terres agricoles. Ils proposent plutôt de geler les contours actuels de l’agglomération et de densifier l’habitat, pour passer de 34 à 38 habitants par hectare, «ce qui colle avec les projections».

PLU en attente

Les partisans du nouvel aéroport affirment que si la commune de Saint-Aignan de Grand-Lieu (située à moins de 2 kilomètres à vol d’oiseau de la piste de Nantes-Atlantique) sortait de l’emprise de la zone la plus contraignante du plan d’exposition au bruit (PEB), ce serait un ballon d’oxygène pour la construction de logements. 600 ha de terrains naturels proches du lac de Grand Lieu sont actuellement soustraits à l’urbanisation. «[La commune] est suspendue au départ de la plate-forme: le plan local d’urbanisme de la commune spécule sur la fin des contraintes du PEB et programme de nouveaux lotissements pavillonnaires après ce départ», confirment les opposants.

Le CéDpa dénonce la campagne menée par des élus du département. «Est-il normal que le président de l'association des maires de Loire-Atlantique lance un appel à tous les maires (…) en faveur du ‘oui’ (…) alors que le sujet divise élus et population (…)? Est-il normal que dans certaines communes, on refuse les prises de position d'élus en faveur du ‘non’ dans le bulletin municipal et qu'ailleurs l'argent public serve à la campagne du ‘oui’?» Et de conclure: «Pour beaucoup d'élus, il est plus facile visiblement de dépenser l'argent des contribuables que d'ouvrir le dossier et de l'étudier.»

Densifier

L’atelier citoyen s’est intéressé aux communes de Bouguenais et d’une partie de Rezé, concernées par la zone C du PEB, qui représentent 340 ha (sur les 17.700 ha urbanisés), soit 2% de l’agglomération. «Les 98% de territoire restant pourraient largement être densifiés et réinvestis par la métropole. Le départ de l’aéroport n’aurait qu’un intérêt faible sur le plan urbain», notent les urbanistes, architectes, juristes et statisticiens qui ont planché. «Il n’y a pas besoin de ces hectares gelés pour accueillir les logements nouveaux que l’agglomération veut construire», résume Françoise Verchère.

 

 

 



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