NDDL: une médiation avec peu discours et beaucoup de méthode

Le 27 septembre 2017 par Marine Jobert
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La difficile compensation au coeur des débats.
La difficile compensation au coeur des débats.

Point d’étape des 3 médiateurs nommés pour remettre à plat le dossier du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Etudes commandées à des experts moins impliqués, évaluation sans passion de toutes les options, refus de prendre position… les pro-aéroport grognent, les anti se sentent enfin écoutés.

«On est crevé. On se réveille et on s’endort avec NDDL». Sur le trottoir, devant la préfecture de Loire-Atlantique, Gérard Feldzer galèje devant quelques journalistes venus glaner des informations sur la médiation que l’ancien pilote de ligne mène, avec Michel Badré et Anne Bocquet, sur le délicat dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Du point d’étape organisé ce 26 septembre pour informer les 200 personnes qui ont déjà été auditionnées, impossible de conclure dans un sens ou dans un autre. Et c’est bien l’objectif recherché. Car leur mission, qui consiste à «analyser chaque option envisageable et ses conséquences économiques, sociales, environnementales, selon une approche globale» s’achèvera par des «recommandations susceptibles d’éclairer la décision du gouvernement», qui seront remises le 1er décembre prochain.

Réactions. La tension monte chez les pro-aéroports, qui ont multiplié les questions relatives au bruit que cause le survol de Nantes en général, et de la commune de Grand-Lieu en particulier. Son maire a annoncé son intention de porter plainte contre l’Etat pour mise en danger de la vie d’autrui. Les anti-aéroports sont satisfaits du «rééquilibrage des points de vue» qu’apportent les expertises commandées. «Mais on voit bien que pressions vont se mettre en place», observe prudemment un Naturaliste en lutte, présent à la réunion.

Etudes commandées à des tierces personnes

En attendant, il s’agit de comparer. Et pour comparer, il faut des chiffres, des expertises, des données incontestables. Or, ont constaté les médiateurs, les interrogations qui jalonnent ce dossier «résultent parfois de l’insuffisance des diagnostics  ou des études préalables nécessaires à certains choix techniques, et parfois aussi de l’existence d’expertises contradictoires sur des sujets controversés.» Evaluer la pertinence de réaménager Nantes-Atlantique, de façon à y accueillir la forte augmentation des trafics prévue aux échéances 2040-2050, a nécessité la commande de plusieurs études. Parfois à des tierce personnes (c’est-à-dire pas les services de l’Etat), comme le Muséum National d’Histoire Naturelle sur les impacts environnementaux potentiels sur le lac de Grand Lieu, l’Ifsttar, du Cerema et du Professeur Albert Bolle concernant les besoins de réfection de la piste et de l’aérogare. Les réponses sur les nuisances dues au bruit, et l’ensemble des procédures d’atterrissage et décollage; et la sécurité du survol de la ville de Nantes seront co-construits avec des acteurs du projet (la direction générale de l’aviation civile et l’Atelier citoyen).

Projet surdimensionné?

Quant à construire un nouvel aéroport dans le bocage nantais, si aucune étude n’a été commandée, les questions ont été sériées. Quels impacts réels subsisteraient, après application des mesures pour éviter, réduire ou compenser les impacts sur l’eau et la biodiversité? Le projet ne serait-il pas surdimensionné, comme le soulignait le rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) rendu en mars 2016? Quid des besoins réels en desserte du nouvel aéroport et du devenir de la piste actuelle de Nantes-Atlantique? Enfin, quels aménagements transitoires à prévoir à Bouguenais avant le déménagement définitif à NDDL? Sur ce point, les médiateurs ont été clairs: il faudra remettre de l’argent pour retaper une piste vieillissante.

Combien coûterait à l’Etat le fait de briser les contrats le liant à Vinci? La ‘ZAD’ serait-elle évacuée de ses occupants en cas de renoncement à construire l’aéroport dans le bocage? Voilà 2 points sur lesquels les médiateurs travaillent, mais qui ne feront l’objet d’aucune communication officielle, ont-ils prévenu. De peur de savonner la planche de négociations déjà en cours.

 

Comparaison des 2 options

Une fois toutes ces données sur la table viendra l’heure des comparaisons. La comparaison des coûts, des horizons de temps et des procédures. La comparaison en matière d’aménagement et de projet de territoire. La comparaison du bilan-carbone, confiée à la société Carbone 4. D’autres thèmes ont été identifiés au fur et à mesure des débats, dont la mise en œuvre se poursuivra après la réalisation de la mission. Comme sur les perspectives d’avenir pour la profession agricole locale, les questions de mobilité et d’intermodalité, dans l’agglomération nantaise et le Grand ouest et les procédures de décision sur les grands projets, et des améliorations qui pourraient leur être apportées au vu des difficultés rencontrées à Nantes. De quoi nourrir les réflexions des Etats généraux de l’alimentation et des Assises de la mobilité en cours!

 

 

 



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