NDDL: un rapport pour rien?

Le 06 avril 2016 par Marine Jobert
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Deux adversaires dans le dossier NDDL.
Deux adversaires dans le dossier NDDL.

Censé synthétiser les vues, le rapport rendu hier à la ministre de l’environnement n’a fait que renforcer les convictions de chacun. Manuel Valls et Ségolène Royal ne s’accordent que sur une seule chose: la tenue d’un référendum, que les opposants au projet jugent totalement décrédibilisé.

«Souhaitez-vous le transfert de l’actuel aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes?» Voilà la question à laquelle les électeurs de Loire-Atlantique pourraient répondre lors du référendum qui devrait se tenir le 26 juin prochain. Cette formulation est à peu près la seule chose qui unit encore Manuel Valls et Ségolène Royal dans ce dossier. Car quelques heures après la réception par la ministre de l’environnement d’un rapport de synthèse sur les alternatives au développement aéroportuaire du Grand-Ouest -qui aurait pu donner lieu à de nouvelles discussions entre les deux camps-, le Premier ministre fermait la porte. «Transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes validé par des experts: la décision reviendra aux habitants (référendum en juin)», tweetait-il alors.

Moment de vérité

Tout en assurant, lors d’une conférence de presse ce mercredi 6 avril, «faire confiance aux acteurs de terrain qui définiront la nature du projet», la ministre a tenu à reprendre les alternatives détaillées dans le rapport: la modernisation de l’aéroport actuel ou la réduction du projet à Notre-Dame-des-Landes. «Ce rapport est un moment de vérité», a-t-elle estimé sur RMC.

Un référendum décrédibilisé

Or la synthèse réalisée par les experts du Commissariat général à l’environnement et au développement durable –missionnés par la ministre de l’environnement- ne fait pas bouger les lignes d’un iota. Pire, il invalide même aux yeux des opposants la légitimité du référendum. «Quel est l’intérêt de demander à certains citoyens leur avis pour ou contre un projet s’il est jugé surdimensionné par une expertise nationale?», s’interroge France Nature Environnement, qui rappelle le refus unanime du Conseil national de la transition écologique de valider le projet d’ordonnance validant le principe même du référendum. Même son de cloche du côté de l’Acipa[1] et de CéDpa[2], qui considèrent que «la déclaration d’utilité publique doit être abrogée, que les procédures d’expulsion en cours doivent être définitivement arrêtées et qu’une consultation en juin n’a plus de sens». Tout en admettant ne pas partager «toutes les conclusions du rapport», les deux associations se disent «prêtes à participer au travail d’approfondissement sur les points qui posent question pour le maintien de Nantes-Atlantique: renforcement de la piste, trajectoires, bruit».

L’Attila des Pays de la Loire

Les partisans du transfert ont eu une lecture assez personnelle du rapport. «Il dit clairement au regard des contraintes sur l’agglomération nantaise qu’un maintien de l’activité sur le site actuel n’est pas tenable et que le transfert à Notre-Dame-des-Landes est raisonnable et donc se justifie», estime Des ailes pour l’ouest dans un communiqué qui accumule les citations sorties de leur contexte. Quant à Bruno Retailleau, il demande «solennellement au président de la République de mettre fin aux improvisations de Ségolène Royal sur NDDL». Le président Les Républicains du département voisin de Vendée critique vertement ce qui pourrait s’avérer un chausse-trappe: le souhait de la ministre de l’environnement de voir organisée une nouvelle enquête publique dans l’hypothèse où le projet dans le bocage nantais serait redimensionné à une seule piste au lieu de deux. «[Cela] obligerait à repartir sur 10 ans de procédures auxquelles ne survivra pas le projet. Cela reviendrait à dire aux électeurs: ‘même si vous votez oui, ce sera non’! Tout cela est grotesque!» Et de conclure: «Ségolène Royal, c’est l’Attila des Pays de la Loire!».

 



[1] Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

[2] Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport

 



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