NDDL: Ségolène Royal a-t-elle enterré la hache de guerre?

Le 01 février 2016 par Romain Loury
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Le bout du tunnel?
Le bout du tunnel?

Le gouvernement cherche-t-il une sortie en douce du dossier Notre-Dame-des-Landes? Accordée dimanche 31 janvier à France 5, une interview de la ministre de l’écologie Ségolène Royal le laisse penser: il n’y aura pas d’évacuation par la force, et un rapport devrait être publié d’ici deux mois pour évaluer les «projets alternatifs ou complémentaires».

Cela commence à sentir le roussi pour l’Aéroport du Grand-Ouest (AGO): quelques jours après que le tribunal de grande instance de Nantes a autorisé, lundi 25 janvier, l’expulsion des habitants des terres de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), la ministre de l’écologie, notoirement opposée au projet, a esquissé une sortie pour le gouvernement, dimanche 31 janvier lors de l’émission «C politique» de France 5.

«A un moment il va falloir s’en sortir, parce que cela commence vraiment à durer trop longtemps. On peut construire des choses intelligentes collectivement, c’est un projet qui remonte à plus de 15 ans, entre temps les choses ont changé, il y a des légitimités qu’il faut peut-être revoir», a débuté la ministre.

Un rapport d’ici deux mois

«J’ai demandé à mon inspection générale [le Conseil général de l’environnement et du développement durable, CGEDD] de mettre à plat l’ensemble des projets, de voir s’il y avait des projets alternatifs ou complémentaires. On ne fera pas d’évacuation par la force, ce n’est pas possible, on ne va pas finir dans une guerre civile à Notre-Dame-des-Landes», a-t-elle poursuivi.

 

Au cours de la même émission, la ministre de l'écologie a annoncé son intention de faire appel de la décision du tribunal administratrif de Cergy-Pontoise annulant l'abrogation d'un permis exclusif d'hydrocarbures non conventionnels (dit permis de Montélimiar) au groupe Total. Un permis désormais frappé de caducité.

 

«Dans deux mois [suite au rapport diligenté par la ministre, ndlr], on saura quelles sont les grandes stratégies aéroportuaires sur l’ouest de la France, s’il y a des choses complémentaires, si on peut mettre des aéroports en réseau. De toute façon, il n’y aura pas de travaux tant que les contentieux ne sont pas terminés», a conclu Ségolène Royal.

«Un signe positif de sortie du conflit»

Interrogé par le JDLE, François de Beaulieu, porte-parole des Naturalistes en lutte, se réjouit de «ce signe positif de sortie du conflit, de manière pacifique». Une annonce qu’il lie à une récente entrevue de plusieurs associations avec le cabinet de la ministre, vendredi 22 janvier, au cours duquel son équipe s’est montrée «consciente qu’il fallait prendre le dossier à bras le corps».

«Sur le plan politique, cela devient de plus en plus difficile de réaliser ce projet: évacuer la ZAD [zone à défendre] est une quasi-déclaration de guerre civile. [Pour le gouvernement], il est préférable de dire que c’est impossible pour des raisons économiques et écologiques, et le CGEDD ne validera pas des choses tout à fait fantaisistes», analyse François de Beaulieu. A moins d’un an et demi de l’élection présidentielle de 2017, «mieux vaut se fâcher avec quelques élus de droite et de gauche de Loire-Atlantique que de s’aliéner tout le milieu écologiste», ajoute-t-il.

L’Elysée et Matignon dans la boucle?

S’il s’agit bien d’un message envoyé aux zadistes par la ministre, tout porte à croire, selon les interlocuteurs du JDLE, qu’il a été mûrement réfléchi avec l’Elysée et Matignon, et que Manuel Valls «a mis de l’eau dans son vin». A moins qu’il ne s’agisse d’un «chant du cygne» de la ministre, que des rumeurs insistantes disent bientôt partante de l’hôtel de Roquelaure, et qui pourrait être intéressée par de futures primaires à gauche. Contactés lundi par le JDLE, ni le ministre de l’écologie ni Matignon n’ont donné suite à nos demandes d’entretien.

Reste à savoir comment réagira Vinci, concessionnaire de l’AGO, à l’éventuel abandon du projet: «ils vont certainement se retourner contre l’Etat», avance Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement (FNE). «On aurait bien aimé que l’Etat montre la même intransigeance» avec les «bonnets rouges» qu’avec les zadistes, soupire-t-il. Une référence au malheureux épisode de l’écotaxe, suite auquel l’Etat s’est engagé à verser 839 millions d’euros à Ecomouv’.



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