NDDL: les naturalistes en lutte renvoient Vinci et l’Etat à leur copie

Le 08 novembre 2013 par Marine Jobert
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Le fluteau nageant, une plante vivace, submergée, flottante et protégée.
Le fluteau nageant, une plante vivace, submergée, flottante et protégée.
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4.247 pages. C’est ce que les naturalistes en lutte ont dû décortiquer, en un mois, pour répondre point par point au dossier de demande de dérogation à la destruction d’espèces protégées, mis en ligne le 7 octobre dernier par Vinci et la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) de Loire-Atlantique, respectivement maîtres d’ouvrage pour le projet d’aéroport du Grand Ouest et pour sa desserte routière. «La faible disponibilité du dossier et la faible communication sur sa mise en ligne en font une affaire de spécialistes. Les citoyens n’accéderont que très difficilement à la compréhension des informations contenues dans le dossier, malgré la présence d’une note de présentation rédigée par les maîtres d’ouvrage», déplore ce collectif de naturalistes issus de divers groupes de protection de la nature[1], dont la constitution remonte aux débuts de l’année 2013.

Compensations dérisoires

Le cabinet Biotope, qui a effectué les relevés sur le terrain, en prend pour son grade… «L’état initial est lacunaire dans la recherche des espèces protégées, qu’il s’agisse de caractériser leur présence, certaines espèces protégées effectivement présentes n’ayant pas été relevées (hibou des marais); ou de colonies/gîtes/stations (comme pour le fluteau nageant); ou de leurs effectifs (comme pour le lézard des murailles ou le campagnol amphibie)». Pour les chauves-souris, les naturalistes en colère relèvent, par exemple, «des indications bibliographiques erronées et des inventaires lacunaires». Sur l’échelle employée pour caractériser la compensation, «la qualification de la valeur écologique des espaces détruits manque de finesse (échelle avec peu de niveaux de valeur) et, en lien avec les insuffisances de l’état initial, elle est sous-estimée». Sans compter que «le programme de mesures compensatoires est inadapté», estiment-ils.

Refuser de construire

Derrière cet étrillage en règle et sur 82 pages, se dessine la défense d’un bocage protégé pendant 40 années de façon involontaire, puisque le site aura été «gelé» par le projet de construction de l’aéroport, et qui ont abouti à la lente constitution d’un «‘musée vivant’, (…) patrimoine biologique et culturel unique et exceptionnel, à préserver». Selon les naturalistes en colère, «l’intérêt public invoqué par les maîtres d’ouvrage s’agissant de la réalisation de ce programme de travaux ne peut en aucun cas justifier les insuffisances manifestes de la demande de dérogation». Le collectif estime en conclusion que la meilleure manière de protéger la biodiversité de ce milieu bocager humide unique «est de ne pas y construire d’aéroport».

 



[1] France Nature Environnement, Bretagne vivante, la Ligue pour la protection des oiseaux, le Groupe mammalogique breton, Eau et Rivières de Bretagne, ainsi que des particuliers, et notamment des étudiants en biologie et sciences naturelles de l’université de Rennes I.

 



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