NDDL: le retour sur terres de Stéphane Travert

Le 18 janvier 2018 par Stéphanie Senet
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Que vont devenir les terres de Notre-Dame-des-Landes ?
Que vont devenir les terres de Notre-Dame-des-Landes ?

Invité sur l’antenne de Sud Radio, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a déclaré, ce 18 janvier, souhaiter le déploiement de l’agriculture biologique sur les terres de Notre-Dame-des-Landes.

 

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation n’est pas à un paradoxe près. Après avoir supprimé les aides au maintien aux agriculteurs bio, il propose de faire des «expériences sur l’agriculture agronomique et sur l’agriculture biologique» sur les terres de Notre-Dame-des-Landes. Une occasion, pour lui, de développer l’approvisionnement régional en produits de qualité.

 

Des produits bio et de qualité pour les cantines

«Puisque nous avons un projet de loi, suite aux états généraux de l’alimentation, qui arrive le 31 janvier en conseil des ministres, pourquoi ne pas réserver une partie des terres de Notre-Dame-des-Landes à la restauration collective pour des produits en agriculture bio et sous signe de qualité? C’est une idée que je lance», a-t-il déclaré. «Cela pourrait permettre à la région et à la ville de Nantes d’avoir des produits bio et de qualité pour ses cantines», a-t-il ajouté.

«L’agriculture biologique représente déjà plus de 10% de la surface agricole utile en Loire-Atlantique. Cela n’a rien d’une expérimentation», nuance Axel Gayraud, consultant à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

Clôturant les états généraux de l’alimentation (EGA) le 21 décembre à l’issue de 5 mois de travaux, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé un objectif de «50% de produits bio, locaux et de qualité dans les cantines publiques en 2022».

Dans les cantines de l’Hexagone, moins de 3% des achats sont d’origine biologique, selon l’Observatoire national de la restauration collective. Pourtant l’alimentation bio entraîne de nombreux bienfaits pour la santé, qui ont été recensés dans une synthèse publiée le 27 octobre dans la revue Environmental Health. Les chercheurs énumèrent une baisse de l’obésité, de l’hypertension, du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et du lymphome non hodgkinien (un cancer du sang).

 

Expulsés

Quid des agriculteurs expulsés? «Ceux qui occupent le site de manière illégale devront s’en aller à partir du 30 mars et ceux qui possédaient des terres et en ont été expropriés ainsi que les propriétaires qui sont restés sur le site pourront rester et travailler pour accompagner le projet sur lequel nous allons désormais travailler. Nous verrons comment les conditions de réappropriation des terres pourront se faire», a complété le ministre de l’agriculture.

 

1.250 ha de terres agricoles

Aujourd’hui, les terres de Notre-Dame-des-Landes forment trois zones. A commencer par les terres expropriées, mais toujours exploitées, qui représentent 600 hectares (ha). Auxquelles s’ajoutent 400 ha de terres (4 exploitations) visées par une procédure d’expropriation en cours. Enfin, les occupants de la ZAD ont lancé des projets agricoles sur une partie des 250 ha occupés. «Il faut que tous ces terrains demeurent agricoles, tout en préservant la grande richesse environnementale de la zone. Pas question de détruire le bocage avec des pratiques intensives mais en le préservant avec des systèmes d’élevage respectueux. Nous avons des projets mais le ministère de l’agriculture ne nous a pas encore contactés», confie Axel Gayraud.

De son côté, le collectif d’opposants à l’aéroport souhaiterait que l’Etat reste propriétaire, comme ce fut le cas au Larzac, et lui propose un bail emphytéotique de 99 ans. Un contrat qui lui permettrait de conclure à son tour des baux avec des agriculteurs et des associations. Une solution toutefois écartée, le 17 janvier, par le Premier ministre. Edouard Philippe a affirmé que "les terres retourneraient aux propriétaires expropriés", qui ne sont pas en majorité des exploitants agricoles. De nouvelles négociations ont déjà commencé.

 



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