NDDL: la préfecture relance discrètement les travaux

Le 02 novembre 2015 par Stéphanie Senet
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Une action contraire au moratoire soutenu par le président Hollande
Une action contraire au moratoire soutenu par le président Hollande

C’est par la voie d’un discret communiqué, publié le 30 octobre en fin d’après-midi par la préfecture de Loire-Atlantique, que la «reprise» des travaux sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) a été annoncée.

 

Dans son communiqué, la préfecture de Loire-Atlantique explique que le tribunal administratif de Nantes ayant rejeté les recours engagés par les opposants, «l’Etat a donc demandé aux maîtres d’ouvrage de la future plate-forme et de sa desserte routière d’entamer les démarches permettant de démarrer les travaux». Concrètement, l’heure est au règlement des indemnités d’expropriation, à la reprise des relations avec les entreprises et au lancement des marchés spécialisés. Un premier appel d’offres, portant sur le débroussaillage, la construction de voies d’accès et la pose de clôtures a été publié, le 26 octobre dernier. Cette déclaration fait suite à un comité de pilotage qui s’est tenu le 30 octobre à Nantes avec la préfecture de région, les élus des collectivités concernées et les représentants des chambres consulaires.

Cette annonce a bien sûr provoqué un tollé au sein des écologistes, puisqu’un moratoire avait été décrété par le candidat Hollande entre les deux tours de l’élection présidentielle. «A l’époque, il promettait de ne pas lancer les travaux avant l’épuisement des procédures judiciaires en cours. Puis le moratoire a été étendu à tout recours à plusieurs reprises, selon les déclarations de l’ancien maire de Nantes et ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et plus récemment du président Hollande en mars 2015», rappelle Dominique Fresneau de l’Acipa[1]. L’association rappelle aussi que les travaux n’ont jamais commencé sur le site et qu’il est donc erroné d’évoquer une «reprise». Pour elle, il s’agit d’un coup de com’ de la préfecture, dans la lignée des annonces de Manuel Valls, qui s’est ouvertement déclaré favorable au projet de nouvel aéroport.

 

Un temps juridique loin d’être épuisé

En tout cas, le moratoire doit toujours s’appliquer puisque «le temps juridique est loin d’être épuisé», selon l’expression de l’Acipa. Les associations opposées au nouvel aéroport ont fait appel des décisions des tribunaux concernant la loi sur l’eau et les espèces protégées le 17 septembre dernier. «Un recours se poursuit également à l’encontre de la déclaration d’utilité publique du programme Viaire, qui élargit et réaménage plusieurs routes autour du site du nouvel aéroport, ainsi qu’un recours au niveau européen après la mise en demeure de la France par la Commission européenne», énumère Dominique Fresneau. Pour rappel, Bruxelles avait estimé en avril 2014 que le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne respectait pas la directive sur l’évaluation des incidences sur l’environnement, sans qu’aucune suite n’ait pour autant été donnée.

Au plan national, la Fondation Nicolas Hulot demande a minima de respecter le moratoire sur les travaux et si possible, d’ouvrir une étude sur les alternatives à la création d’un nouvel aéroport, voire l’abandon du projet, pour démontrer l’exemplarité de l’Etat avant l’ouverture de la COP 21.

A un mois du premier tour des élections régionales, Europe Ecologie-Les Verts se dit de son côté «scandalisé» par cette annonce. «Ce projet est absurde, inutile et coûteux. C’est un non-sens écologique et économique», résume le parti écologiste.



[1] Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

 

 



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