NDDL: la CNDP lance la campagne officielle du référendum

Le 09 juin 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les habitants de Loire-Atlantique appelés aux urnes.
Les habitants de Loire-Atlantique appelés aux urnes.
DR

La Commission nationale du débat public (CNDP) publie le document destiné aux électeurs de Loire-Atlantique en vue du référendum qui se tiendra le 26 juin sur l’avenir de l’aéroport du Grand Ouest. Un texte qui pose la question de l’alternative à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, grande absente du débat.

Un gros mois de travail, quelque 130 personnes auditionnées, 26 heures de délibérations… La commission nationale du débat public (CNDP) vient de rendre public le document de synthèse destiné aux électeurs de Loire-Atlantique désireux de s’instruire sur le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en vue du référendum qui se tiendra le 26 juin prochain. Car pour répondre à cette question binaire «Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes?», ce sont près de 50 ans d’histoire, une dizaine de rapports et d’expertises et des points de vue on ne peut plus contradictoires que l’électeur devra digérer pour voter en connaissance de cause.

Option Nantes-Atlantique

La CNDP a tenté, «dans un effort d’objectivité extrêmement important» selon les mots de Christian Leyrit, son président, de lui mâcher le travail. Le document, consultable sur le site nddl-debatpublic.fr qui se veut accessible au plus grand nombre, tente un survol synthétique du projet actuel et de ses impacts. Une approche classique, conforme à la commande du Premier ministre de ne pas sortir du couloir de la déclaration d’utilité publique de 2008. Sauf qu’un chapitre est consacré au  réaménagement de Nantes-Atlantique dans le scénario d’un maintien de l’activité. «J’ai considéré qu’il faut éclairer le citoyen de ce qu’il faut faire en cas de ‘non’», assume Christian Leyrit. C’était d’ailleurs l’objet du rapport du Conseil général à l’environnement et au développement durable (CGEDD) rendu en mars dernier à Ségolène Royal et abondamment cité par la CNDP. 

«Au regard de la complexité et des enjeux environnementaux», l’autorité environnementale, une instance rattachée au conseil général de l’environnement et du développement durable, a annoncé qu’elle allait analyser depuis Paris les implications environnementales du schéma de cohérence territoriale de Nantes-Saint Nazaire.

Résiliation non chiffrée

En cas d’abandon du projet, les collectivités auditionnées ont affirmé «qu’elles ne participer[aient] pas financièrement au réaménagement de Nantes-Atlantique», note la Commission. Combien en coûtera-t-il au contribuable si le ‘non’ l’emportait et que le contrat de concession (incluant l’exploitation des aéroports de Nantes et Saint-Nazaire Montoir) était résilié pour motif d’intérêt général? «Les modalité de calcul de l’indemnité versée par l’Etat en cas de résiliation et de rachat de la concession sont définies dans le contrat, précise la CNDP. L’Etat, comme le concessionnaire, déclarent ne pas disposer d’un ordre de grandeur de cette indemnisation éventuelle.» Ce refus de répondre fausse-t-il le jeu démocratique? Silence de Christian Leyrit. «Ce qui manque, ce sont des études sur l’aménagement de Nantes-Atlantique, admet-il. Cette indemnisation fera l’objet de négociations. Si la concession est résiliée, il faudra continuer à exploiter les deux aéroports existants. Vinci pourra être candidat dans le cadre d’un nouvel appel d’offres.»

Le document ne sera pas envoyé par la poste. Il ne sera consultable que sur internet et dans chaque mairie de Loire-Atlantique. Une version téléchargeable est également disponible. Aucun budget n’a été alloué aux deux camps pour faire campagne.

Gain pour les voyageurs

Quoiqu’un peu ‘techno’, le document de la CNDP parvient à ne pas noyer le lecteur sous une avalanche de chiffres. En vrac, il y est rappelé que «l’essentiel des avantages du projet réside dans le temps gagné par les usagers du transport aérien». En cas de construction à Notre-Dame-des-Landes, la population impactée par les nuisances sonores (exposition forte à modérée) serait de 2.664 personnes, contre 80.450 à Nantes, à horizon 2050. Selon la chambre de commerce et d’industrie de Nantes-Saint-Nazaire, porteur du projet, ce sont 2.500 emplois qui seraient créés à horizon 2020 (hors construction) pour 5 millions de passagers, quand les opposants assurent que les emplois créés du fait de l’augmentation attendue du trafic «seraient globalement les mêmes quel que soit le site». A la profession agricole qui «dénonce la consommation d’espaces agricoles (…) et les contraintes liées aux mesures compensatoires», les partisans de l’aéroport répondent que «les terres de landes [qui seraient recouvertes de béton] offrent un rendement aléatoire». Bref, chacun a pu donner son point de vue, irrémédiablement contradictoire.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus