NDDL: la CGT de Vinci contre le nouvel aéroport

Le 30 mars 2016 par Marine Jobert
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La CGT totalise 30% des votes aux élections professionnelles chez Vinci.
La CGT totalise 30% des votes aux élections professionnelles chez Vinci.

«Nous ne sommes ni des mercenaires, ni des esclaves: nous ne voulons pas travailler dans un climat de guerre civile», clament les syndicats CGT du groupe Vinci dans une tribune. Une démarche rare pour un syndicat peu enclin à embrasser les luttes environnementales.

Les syndicats CGT du groupe Vinci viennent de prendre position de façon claire et solennelle contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Dans un texte argumenté, le syndicat majoritaire au sein des différentes entités du groupe –qui intervient à la fois comme constructeur et comme exploitant concessionnaire- porte un regard sur un projet pensé comme une «machine à profit», propice à la «surexploitation» des salariés et mené dans un «simulacre de démocratie». Une position qui fait suite à des échanges, en février dernier, avec des opposants au projet d’aéroport. «On s’est alors rendu compte qu’on avait des positions individuelles qui convergeaient, explique Francis Lemasson, secrétaire du syndicat CGT au siège de Vinci, au Journal de l’Environnement. Mais on n’imaginait pas qu’on irait aussi loin!».

Contribuable floué

Financement opaque, coûts immédiats sous-estimés, gains futurs surestimés… En un mélange d’arguments empruntés aux opposants et dde pratiques observées dans l’entreprise, le syndicat considère que le contribuable est pris dans la nasse: «La surestimation des gains escomptés (en l’occurrence: des prévisions de trafic aérien) permet au groupe de justifier un niveau exagéré de revenus garantis, qui deviennent rapidement une surcharge pour les usagers et la collectivité. Accessoirement, elle permet aussi de rendre dissuasifs les coûts d’une rupture de contrat.» Rappelant à quel point l’équilibre financier du projet repose sur la viabilité économique des parkings et des commerces, la CGT taxe le projet de «machine à profit».

Casse sociale

Une logique qui pourrait desservir les salariés. «Les travaux de construction eux-mêmes ont été sous-estimés. (…) Comme on a pu le constater sur d’autres projets en partenariat public-privé, (…) cette contrainte économique (…) impose, de fait, le recours à toutes les formes ‘modernes’ de dumping social. Sur tous les chantiers importants dont Vinci est le maître d’œuvre, la majorité des ouvriers sont employés par des entreprises de sous-traitance qui les surexploitent: contrats précaires, intérimaires, salariés détachés avec des salaires de misère, salariés sans papiers, etc.». «Au niveau des emplois créés par la construction de l’aéroport, c’est le black-out total du côté de la direction», raconte Philippe Lemasson.

Réhabiliter le ‘progrès’

Tout en reconnaissant que l’activité économique n’est pas des plus florissantes, le syndicat ne veut pas participer à un projet «né, il y a 50 ans, de rêves mégalomaniaques périmés: recevoir le Concorde, faire de Nantes le ‘Rotterdam aérien’ de l’Europe». Il dénonce pêle-mêle les promoteurs «qui convoitent les terrains ainsi libérés au sud de Nantes» et le «simulacre de démocratie (…) sans jamais permettre un débat de fond sur l’avenir de la région et ses choix de développement». Voulant redonner ses lettres de noblesse au mot ‘progrès’, le syndicat plaide pour des projets «dont nous puissions être fiers pour leur utilité sociale et sociétale. (…) Nous ne sommes ni des mercenaires, ni des esclaves: nous ne voulons pas travailler dans un climat de guerre civile.»

 

 



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