NDDL: la campagne pour le référendum est ouverte

Le 17 mai 2016 par Marine Jobert
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Un tract contre le projet d'aéroport.
Un tract contre le projet d'aéroport.
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A 6 semaines du référendum décidé par François Hollande et porté à marche forcée par Manuel Valls, chaque camp lance sa campagne pour convaincre les électeurs de Loire-Atlantique de se déplacer aux urnes le 26 juin 2016. Réunions publiques pour les ‘anti’, discussions privées pour les ‘pro’; quelle que soit la méthode, personne n’est satisfait des modalités retenues pour trancher la question du maintien ou du transfert de l’aéroport du Grand-Ouest.

«Cette consultation est une supercherie, mais nous ferons tout de même campagne pour le ‘non’». Dominique Fresneau, co-président de l’Acipa[1], ne cache pas que le débat a été rude en interne autour de la conduite à tenir face au référendum qui sera organisé le 26 juin 2016 en Loire-Atlantique. «Si on avait appelé au boycott, explique t-il au Journal de l’environnement, on craignait que les citoyens qui veulent voter pour enfin donner leur avis sur NDDL ne le comprennent pas». Et puisque les messages relayés tant dans la région que le département ou la ville de Nantes, aussi bien à droite qu’à gauche, sont unanimement favorables au projet, «nous allons, avec nos moyens, exposer nos arguments pour l’abandon du projet, pour que le citoyen puisse trancher en connaissance de cause.» Vingt-quatre réunions publiques vont être organisées du 19 mai au 21 juin, une bande dessinée a été réalisée, des affiches seront apposées, et 200.000 tracts reprenant un argumentaire en 10 points distribués.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de publier ses recommandations, applicables au 6 juin 2016, quant à la couverture médiatique par les télévisions et radios. Les temps de parole des partis et groupements politiques, de ceux n’en faisant pas partie et du président de la République, doivent être comptabilisés de façon distincte. «Les comptes rendus, commentaires et présentations auxquels donne lieu la consultation doivent être exposés par les rédactions avec un souci constant de mesure et d'honnêteté», précise le CSA.

Convaincre en face à face

Du côté des partisans de la construction d’un nouvel aéroport dans le bocage nantais, on compte surtout sur les 4.000 adhérents revendiqués par l’association Des ailes pour l’Ouest pour «organiser les indécis autour d’eux». Pas de grande réunion publique? «Non, parce que les précédentes ont mal tourné, justifie Marc Bouchery, porte-parole de l’association. Chaque fois, des opposants venaient et empêchaient les gens de prendre la parole.» Pas de tractage sur les marchés? Si, mais sans l’annoncer publiquement, «car les gens sont un peu traumatisés par les violences, explique le directeur de cabinet de la chambre de commerce et d’industrie des Pays-de-la-Loire, à l’heure où le centre-ville de Nantes est régulièrement la proie de casseurs dans le cadre des manifestations contre la ‘loi Travail’. Y a-t-il eu des violences tournées contre leurs adhérents? Marc Bouchery parle de pneus crevés, évoque quelques échanges enfiévrés, sans plus de précision. «Nos adhérents ne veulent pas apparaître à visage découvert ou que leur nom soit rendu public.» Les premiers retours sur les marchés sont très «positifs», affirme-t-il, même si la participation «reste une inconnue».

C’est sur la base du dossier constitué lors de la déclaration d’intérêt public du projet de construction du nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes -et validé en son temps par la CNDP- que seront élaborées les informations transmises aux électeurs de Loire-Atlantique. Aucune référence, donc, au travail réalisé par le Commissariat général à l’environnement et au développement durable, qui concluait à un projet «surdimensionné» à NDDL et s’orientait vers un réaménagement de l’aéroport actuel pour absorber la hausse des passagers.

 

L’Acipa boycotte la CNDP

La Commission nationale du débat public (CNDP), en la personne de son président Christian Leyrit, n’a pas achevé toutes les auditions. Si le Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (CéDpa) a bien été reçu, l’Acipa a fait le choix de ne pas y aller. «Votre institution est utilisée pour apporter une caution démocratique à une mauvaise cause et à un projet que le gouvernement ne veut pas abandonner. Le document sera fait sans nous, mais si nous vous rencontrons, vous vous prévaudrez d'avoir écouté tous les opposants, expliquent ceux-ci dans un communiqué. Et de rappeler que le document que la CNDP rédigera «ne sera même pas distribué à chaque électeur, mais seulement disponible sur internet. Nous ne pouvons pas y croire». Un choix également déploré par Les ailes pour l’Ouest. «Le référendum, on n’était pas spécialement pour. Mais au minimum, on aurait souhaité que les documents d’information soient envoyés à tous les électeurs, et pas seulement une lettre pour expliquer la procédure avec les bulletins ‘oui’ ou ‘non’», précise Marc Bouchery, qui sera à nouveau auditionné le 23 mai par la CNDP au complet.

 

 



[1] Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

 



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