NDDL: l’IUCN prend position contre le projet d’aéroport

Le 09 janvier 2014 par Marine Jobert
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Notre-Dames-des-Landes, que d'eau, que d'eau!
Notre-Dames-des-Landes, que d'eau, que d'eau!
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Le constructeur d’aéroport va finir par devenir une espèce menacée en France. Mais il est peu probable que l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) s’alarme de sa disparition. Dans une lettre adressée au ministre de l’écologie, le comité français de l’IUCN affiche au contraire une position très mesurée dans le dossier du projet de futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Son président, Christophe Lefebvre, a pris la plume pour faire part à Philippe Martin de toutes ses réserves concernant les conséquences écologiques de la destruction des zones humides qu’entraînera inévitablement l’édification de cette plate-forme aéroportuaire; mais aussi tout le mal qu’il pense des méthodes de compensation en passe d’être validées à la faveur de ce projet.

 

Après avoir rappelé que 67% des zones humides métropolitaines ont disparu en un siècle –au mépris des services écologiques colossaux rendus à la collectivité- l’IUCN rappelle que le site envisagé est constitué à 98% d’un espace bocager de landes et de prairies humides, ainsi que de prairies mésophiles et de forêts de feuillus. «L’équilibre entre les activités agricoles extensives et une artificialisation très limitée des sols a permis le maintien d’un réseau hydrographique dense caractérisé par une eau de très bonne qualité», détaille son président. «Mais surtout (…) ces zones humides jouent un rôle-clé dans la régulation de la ressource en eau, dont l’écrêtement des crues. La destruction de cet écosystème, même accompagnée de mesures compensatoires adéquates, aura des impacts autant quantitatifs que qualitatifs sur les masses d’eaux de surface, souterraines et de transition à une échelle bien plus large que celle du site.» A l’heure où certaines zones de la voisine bretonne sont noyées sous les eaux, le rappel a une sonorité particulière.

 

Christophe Lefebvre regarde au-delà du bocage nantais: selon lui, «la mise en œuvre de ce projet créera en l’état un précédent dommageable pour de nombreux sites naturels en France». En cause, une mise en œuvre «insuffisante» de la doctrine «éviter-réduire-compenser», à cause de «la globalisation des fonctions à compenser», des «ajustements réalisés en termes de surfaces de zones humides impactées» et de la «conversion en ’unité de compensation globale‘ de l’évaluation des impacts résiduels sur ces zones humides». Autant de reproches déjà formulés tant par les experts scientifiques mandatés le gouvernement que par le Conseil national de protection de la nature et, bien sûr, les opposants comme les décompenseurs en lutte. L’IUCN France demande donc à Philippe Martin que les travaux ne puissent débuter avant que ne soit diligentée une série d’études, notamment «sur les fonctions liées à la gestion de la ressource en eau et sur les risques potentiels engendrés par la disparition d’une telle superficie de zones humides fonctionnelles».

 



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