Naufrage du chimiquier: les autorités rassurantes

Le 01 février 2006 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ece_2_m
ece_2_m

Cette nuit, un chimiquier transportant des substances dangereuses a fait naufrage. Les autorités se veulent rassurantes sur les éventuels impacts environnementaux qui vont en découler. Des irisations ont tout de même été observées.

L'opération de remorquage du chimiquier ECE par le remorqueur d'intervention, d'assistance et de sauvetage Abeille Liberté a échoué. Selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, le 1er février, «à 03h37, l'ECE a coulé par 70 mètres de fond alors qu'il se trouvait à 16 nautiques à l'ouest de l'entrée de la voie montante du dispositif de séparation du trafic des Casquets (dans l'ouest de la pointe de la Hague pour environ 90 km). «De légères irisations ont été observées ce matin par les équipages de l'Abeille Liberté et du patrouilleur de la marine nationale Sterne. Leur analyse est en cours», affirme un communiqué de la préfecture. Le chimiquier contient 10.000 tonnes d'acide phosphorique, une substance utilisée dans la fabrication d'engrais, dans l'industrie pharmaceutique et le traitement des eaux usées.

La préfecture maritime assure qu'il s'agit d'un produit non volatil, totalement soluble dans l'eau et qui ne s'accumule pas dans la chaîne alimentaire. Toutefois, la substance est corrosive. Selon le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), en cas de déversement, «l'acide phosphorique se mélangerait avec l'eau de mer et acidifierait le milieu aux alentours immédiats du point d'écoulement. L'acide se dissoudrait rapidement et compte tenu du pouvoir neutralisant (tampon) et du grand volume de l'eau de mer, le pH (mesure de l'acidité) retrouverait rapidement son niveau d'origine dans la zone affectée, environ pH 8. En dessous de pH 5, l'effet est nocif pour la vie aquatique. Cependant, l'impact environnemental serait vraisemblablement trop temporaire et trop localisé pour être quantifiable.» Les prévisions actuelles du Cedre à 72 heures montrent une stagnation du produit polluant dans la zone de naufrage. L'ECE contient également 70 tonnes de fioul de propulsion et 10 tonnes de marine diesel oil. La préfecture a pris un arrêté d'interdiction de la pêche dans un rayon de 1 nautique (1,8 kilomètre) autour de l'épave.

Suite à ce naufrage, plusieurs opérations ont été enclenchées. D'abord, l'avion de télédétection des douanes réalisera une mission d'observation aérienne au-dessus de la zone du naufrage dès que le brouillard givrant aura disparu. La base navale de Cherbourg a mis en alerte le bâtiment de soutien de région (BSR) Elan en version lutte anti-pollution. Des navires spécialisés dans la lutte antipollution sont en alerte à Brest. Le chasseur de mines tripartite (CMT) Lyre va mettre en oeuvre son poisson auto-propulsé (PAP) afin d'obtenir des images de la coque posée au fond et rechercher la présence éventuelle de fuites. Par ailleurs, «les investigations envisagées ensuite par des plongées humaines nécessitent des informations complémentaires sur l'environnement immédiat de l'ECE. Ces plongées doivent en effet se dérouler en toute sécurité pour les intervenants», explique un communiqué de la préfecture. L'Abeille Liberté effectue régulièrement des mesures du pH en surface. Les mesures prises sont pour le moment normales. Enfin, dans le cadre du Mancheplan (1), une cellule de crise franco-britannique va être mise en place pour établir les mesures à prendre pour la phase d'exploration de l'épave.

Le naufrage fait suite à la collusion qui s'est produite le 31 janvier, à 3 heures du matin, entre le vraquier General grot rowecki et l'ECE, à 50 nautiques (90 kilomètres) à l'ouest de Cherbourg. Le premier navire, qui transportait 26.000 tonnes de phosphates selon le Cedre, faisait route pour la Pologne. Les deux navires provenaient du Maroc. Le General grot rowecki n'a pas présenté de risque pour lui-même ou l'environnement. Il a donc été autorisé à reprendre sa route vers son port de destination, Gand (Belgique). Quant à l'ECE, des plongeurs du GPD Manche n'ont pas constaté de pollution à proximité de la zone de collision. Les autorités françaises ont alors procédé à son remorquage qui s'est soldé par son naufrage.



(1) Le Mancheplan est un plan d'urgence franco-britannique, auquel sont associées la Belgique et la république d'Irlande, et qui vise à organiser l'action des autorités françaises et britanniques en cas de sinistre maritime majeur en Manche.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus