Nanotechnologies: petite taille, grands débats

Le 13 juin 2006 par Laure Pollez
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A la veille de l’été, les Amis de la Terre Etats-Unis publie un rapport alarmiste sur l’utilisation des nanotechnologies dans les produits solaires et cosmétiques.

L'ONG aurait recensé quelques centaines de produits concernés. Elle accuse les industries du secteur de prendre ainsi leurs clients pour des cobayes, en introduisant dans leurs produits des nanoparticules dont l'innocuité n'est pas prouvée. Citant un rapport de la Royal society britannique qui appelait, en juillet 2004, à une évaluation complète, scientifique, de ces éléments avant toute utilisation, les Amis de la Terre Etats-Unis exigent un moratoire jusqu'à nouvel ordre. L'ONG rappelle le dossier de l'amiante et dénonce la faillite des gouvernements à légiférer sur le développement des nanotechnologies, ce qui expose à d'éventuels risques le public, les personnels de production et l'environnement en général.

Pour Christian Berdot, des Amis de la Terre France: «Avec les nanotechnologies, nous voyons se reproduire tous les problèmes liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM) mais à la puissance 10: absence d'étude de risques et de cadre réglementaire, promesses mirobolantes, d'où inertie du politique face aux industriels, ruée sur les brevets et confiscation de la matière inerte et vivante, exclusion complète du citoyen et absence totale de débat et de transparence!»

A Bruxelles, cependant, la question fait son chemin. Le Nanoforum, un réseau financé par l'Union européenne qui regroupe des instituts des différents Etats membres, parmi lesquels le laboratoire d'électronique de technologie de l'information du CEA français, planche sur le sujet. Une réunion de travail s'est par exemple tenue les 30 et 31 mai derniers, en partenariat avec le centre de recherche de la Commission européenne, le Joint research center (JRC). Les débats, portant sur le thème «nanotechnologies et environnement» ont notamment mis en avant les difficultés de détection des nanoparticules, la nécessité d'une réflexion et d'une évaluation en termes de cycle de vie (usage puis dispersion de matériaux rares), le besoin d'échanges entre recherche fondamentale et recherche appliquée et l'impératif de transparence, d'informations et de cadre législatif autour des nanotechnologies. L'ensemble des travaux doit aboutir à la publication d'un rapport, prochainement.




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