Nanomatériaux: le dioxyde de titane, cancérogène en inhalation?

Le 17 juin 2016 par Marine Jobert
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Le dioxyde de titane, E171 de son petit nom.
Le dioxyde de titane, E171 de son petit nom.
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L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) propose que le dioxyde de titane soit classé en tant que substance potentiellement cancérogène par inhalation. Un processus qui pourrait déboucher sur une meilleure protection des travailleurs.

Considéré depuis 2006 comme un cancérogène possible chez l’homme (2B) par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), le dioxyde de titane ne fait pas l’objet d’un classement harmonisé européen au titre du règlement CLP[1]. L’Anses propose, à la lumière des données disponibles, qu’il soit classé substance cancérogène de catégorie 1B par inhalation[2], dans le cadre du règlement CLP, pour toutes ses phases cristallines et combinaisons de phases, tailles et morphologies de particules.

Réaction inflammatoire

«Un niveau de preuve suffisant permet de considérer le dioxyde de titane comme cancérogène avéré chez l’animal au vu des données expérimentales. Chez l’homme, le caractère cancérogène reste débattu du fait de limites méthodologiques des études épidémiologiques disponibles. En raison de ses propriétés physico-chimiques, une exposition par voie respiratoire, à un certain niveau de concentration, peut entraîner une surcharge pulmonaire et conduire à une réaction inflammatoire, à l’origine de lésions prolifératives», estime l’Anses.

Blanquette de nano

Or ce produit, utilisé sous forme micrométrique pour la production de pigments ou de poudre nanométrique depuis les années 1990, se retrouve dans le secteur de la construction (bâtiment et travaux publics) et dans de nombreux types de produits (cosmétiques, alimentaires, etc.). Ainsi, l’association Agir pour l’environnement a révélé en juin la présence de dioxyde de titane[3] dans de la blanquette de veau William Saurin, des chewing-gums Malabar et des biscuits Napolitain de LU. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a publié en avril une étude intitulée «Dioxyde de titane nanométrique: de la nécessité d’une valeur-limite d’exposition professionnelle (Vlep)», afin de proposer d’adopter la Vlep applicable aux Etats-Unis.

La Commission décidera

C’est l’agence européenne des produits chimiques (Echa) qui est chargée de la consultation, ouverte depuis le 31 mai, dont les commentaires seront transmis à l’Anses. Le comité d’évaluation des risques (CER) de l’Echa produira, dans un délai de 18 mois, un avis destiné à la Commission européenne, qui décidera de l’inclusion de la classification harmonisée proposée par l’Anses au règlement CLP. Une classification qui conduirait «à des obligations d’information des travailleurs, mais aussi de recherche de substitution de la substance. Une telle substitution conduirait également in fine à une meilleure protection de la population générale.»

 

 

 



[1] Il s’agit du règlement (CE) n°1272/2008 relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges.

[2] substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé

[3] additif colorant E171

 



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