Nancy réfléchit sur le transport fluvial

Le 27 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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La première convention des acteurs européens de la navigation fluviale a réuni les 25 et 26 octobre à Nancy les défenseurs du transport intérieur par les canaux et fleuves. Ce mode de transport souffre de problèmes de liaisons entre centres industriels. Il devrait néanmoins connaître un fort développement dans les prochaines décennies.

«Qui aurait pensé il y a 40 ans que nous aurions à Nancy un port international accueillant 3.000 bateaux dans l'année?» André Rossinot, maire du chef-lieu de la Meurthe-et-Moselle, est volontiers lyrique quand il évoque la mise à grand gabarit de la Moselle. 40 ans plus tard, Metz est le premier port français pour les céréales, Thionville, pour les combustibles et les produits métallurgiques et Mondelange, pour les minerais et déchets pour la métallurgie.

En accueillant la première convention européenne sur le transport fluvial, la Lorraine se voulait donc illustrait ce modèle de développement des transports. La réalité est moins brillante.

Ces dernières décennies, la voie d'eau n'a pu contrer le développement du transport routier. Les péniches européennes transportent 440 millions de tonnes par an soit 3,5% seulement du marché. La performance en terme de tonnes-kilomètres a cependant augmenté de plus de 20% ces 20 dernières années pour atteindre un chiffre d'affaires de 4,15 milliards d'euros en 2000. Ce résultat est dû aux politiques volontaristes menées autour du Rhin: «A eux seuls, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique ont une performance de 113 milliards de tonnes-kilomètres ou de 90% dans l'Europe des 15» note le centre européen pour le développement de la navigation intérieure et côtière co-auteur d'un rapport publié en mars 2004.

La voie fluviale représente 40% du transport hollandais, 14% de l'allemand et 12% du belge. A cette notable exception, le transport fluvial souffre partout ailleurs de différents maux. Les goulets d'étranglement locaux restreignent la navigation sur l'Oder, l'Elbe, le haut Danube et le Danube central. Un grand nombre de voies navigables ne sont pas reliées entre elles.

C'est notamment le cas de la France où Paris et Lyon sont des culs-de-sac. Et le secteur ne s'est pas vraiment modernisé. Il est toujours majoritairement tenu par des mariniers indépendants ou des petites structures familiales fortement dépendants des commanditaires. Frein supplémentaire, les péniches ont une durée de vie extrêmement longue, la flotte se renouvelle donc lentement.

Malgré tout, la voie d'eau revient en grâce. Le livre blanc sur les transports adopté par l'Europe en 2001 assure que le transport fluvial doit reprendre des parts de marché sur la route et le chemin de fer. L'entrée de 10 nouveaux membres, riverains du Danube, au sein de l'Union européenne augmente automatiquement la part du fluvial dans les modes de transport. On assigne d'ailleurs à ce fleuve une mission centrale de développement économique des pays de l'Est. C'est pourtant de France que devrait venir l'essor du fluvial. Après des décennies de déclin et l'abandon du canal Rhin-Rhône, les grands aménagements sont de retour.

Le canal Seine-Nord a entamé ses études préliminaires, prélude aux enquêtes d'utilité publique. Le colloque de Nancy marque également le début des études d'opportunité du canal Seine-Moselle-Rhône.

Ce projet relierait par grand gabarit la Saône à hauteur de Chalon-sur-Saône au canal Seine-Nord à Compiègne en passant par les ports de la Moselle. Marseille serait ainsi relié aux canaux du Nord.


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