Nancy à pied d’œuvre pour opérer sa transition écologique

Le 04 février 2019 par Marine Jobert
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Nancy
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La ville a présenté sa feuille de route pour 2030. Plus de déplacements doux, plus de bio, une meilleure qualité de l’air, des îlots de fraîcheur en quantité, un air moins pollué… Rien de révolutionnaire, mais des objectifs chiffrés et scientifiquement argumentés.

 

C’est une feuille de route ambitieuse dont s’est dotée la ville de Nancy. Adoptée par le conseil municipal ce 4 février, elle vise à faire franchir, à l’horizon 2030, une étape «irréversible» à la ville, selon Laurent Hénart. Il y a un an, le maire de Nancy lançait un cri inattendu: «Comment nous, c, pouvons-nous agir face à l’urgence écologique? Nous sommes face à un impératif moral, qui doit transcender tous les points de vue, tous les clivages politiques.» Elaborée en partenariat avec l’Université de Lorraine pour lui donner un coffre scientifique robuste, cette feuille de route est le fruit d’auditions de spécialistes et de l’avis des habitants, dont un tiers des mesures proposées ont été retenues. Au final, 90 actions, déclinées en trois thématiques, vont être menées d’ici 2021, pour un budget de 15 millions d’euros d’investissement, sur trois secteurs-pilotes.

Laurent Hénart conclut ainsi sa présentation: «La transition écologique est le combat humaniste du XXIe siècle. La réinvention urbaine à laquelle nous sommes invités ne fait que commencer.»

La ville-nature

Aucune construction en renouvellement urbain ne sera désormais édifiée sur les terrains déjà construits, assure le maire. Un îlot de fraîcheur sera prévu par quartier (fontaine, miroir d’eau, etc.). Sept places nancéiennes seront transformées «en oasis urbaines» (végétalisation, gestion de l’eau de pluie…). 300 façades seront végétalisées et 100% des constructions neuves seront «à biodiversité positive» (soit l’implantation de végétaux en toiture, en cœur d’îlot, sur les façades, dans des jardins partagés). 100% des parcs, jardins et squares publics de la ville seront éco-labellisés (12 sur 49 le sont aujourd’hui). 100% des écoles auront accès à un potager ou à un verger, et un observatoire collaboratif de la biodiversité sera créé.

La ville saine

Le bio ou labellisé, tout comme les produits locaux et en circuits courts, devraient atteindre les 75% en restauration collective. Le gaspillage alimentaire y sera divisé par trois et 100% de ces déchets seront valorisés. Plus floue: la proposition de structurer une filière agricole locale et bio et une ceinture maraîchère autour du territoire. Côté déplacements, Nancy vise 50% des déplacements effectués à pied, 25% des déplacements en transports en commun, vélos et autres (trottinettes, mono-roues électriques...), avec une part de 25% des déplacements effectués en voiture (quand plus de la moitié des déplacements de moins de trois kilomètres sont effectués en voiture). 95% des rues seront passées en zone 30, les zones piétonnes multipliées par deux dans le centre historique. Et la ville s’engage à respecter les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de qualité de l’air, soit d’être mieux-disante que la réglementation communautaire.

La ville positive

Autant de changements qui devront entraîner une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la ville par rapport à 1990, avec un objectif d’une baisse de 25% des consommations d’énergie finale à l’échelle de la ville par rapport à 2012. Toujours à cette échelle, 100% de l'éclairage public devrait être en basse consommation, le volume des déchets produits par habitant devrait diminuer de 15%, la production d’énergie solaire être multipliée par 10 (sans qu’on sache d’où elle part exactement), et trois quartiers démonstrateurs de la transition écologique devraient voir le jour.



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