Nager rendrait-il asthmatique?

Le 13 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Des nageurs de haut niveau qui s’entrainent régulièrement dans des piscines traitées avec du chlore ont plus de chance de développer des affections pulmonaires comparables à celles observées chez les asthmatiques légers.

 
Ce sont des chercheurs français de l’université de Lille 2 associés à des Canadiens qui ont abouti à cette conclusion. Ils ont comparé les tissus pulmonaires d’un groupe de 23 nageurs canadiens s’entrainant intensément, âgés en moyenne de 21 ans, à un premier groupe de 10 personnes du même âge souffrant d’asthme léger, et un second groupe de 10 personnes en bonne santé mais ne pratiquant pas la natation. Les tissus pulmonaires des nageurs ont été testés hors période de compétition.
 
Selon Alfred Bernard, toxicologue de l’université de Louvain (Belgique), cette étude est la première du genre à montrer les effets néfastes du chlore sur l’appareil respiratoire des nageurs en piscine.
 
Mais selon les chercheurs, l’apparition de tissus pulmonaires enflammés constatée sur le groupe des nageurs n’implique pas forcément l’apparition des symptômes typiques de l’asthme.
 
Le chlore utilisé comme désinfectant dans les piscines interagit avec une série de substances chimiques produites par la transpiration, l’urine ou les cheveux, par exemple pour former des sous-produits chlorés dont certains sont dangereux pour la santé humaine.
Ces produits de dégradation peuvent être volatiles et stagner au dessus de l’eau de la piscine.
 
Les nageurs qui s’entrainent chaque jour sont donc plus exposés à ce genre de produits, ce qui les rend plus sensibles aux allergènes, aux pollens et aux poussières.
 
Ainsi «50 à 65% des nageurs faisant de la compétition seraient sensibles aux allergènes les plus communs, alors que seule 29 à 36% de la population générale est allergique», explique Valérie Bougault, auteure de cette étude.
 
Les résultats, publiés le 26 décembre dernier dans la revue Journal of Allergy and Clinical Immunology, montrent que 18 des 23 nageurs suivis souffrent d’au moins une allergie. Alors que ces allergies peuvent affecter les tissus pulmonaires, «nous avons constaté des changement de ces tissus aussi sur les nageurs non allergiques», explique la scientifique lilloise. Ce qui suggère que c’est l’exposition au chlore et à ses sous-produits qui contribuent à ces changements tissulaires.
 
Mais les scientifiques ne peuvent affirmer avec certitude qu’une exposition répétée à l’eau chlorée de la piscine puisse entrainer des dommages des tissus pulmonaires.
 
Ils conseillent néanmoins d’éviter de fréquenter les piscines où l’odeur de chlore est particulièrement forte et celles où l’usage du chlore est mal géré.
 
Ils recommandent aussi, pour éviter la formation de sous-produits chlorés, de prendre une douche avant de nager et de ne pas uriner dans les bassins!
 


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