Municipales: quelles promesses pour l’énergie et le climat?

Le 24 février 2014 par Stéphanie Senet
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Les candidats parisiens, bordelais et niçois ont été les plus nombreux à répondre au questionnaire du Réseau Action Climat
Les candidats parisiens, bordelais et niçois ont été les plus nombreux à répondre au questionnaire du Réseau Action Climat

Quel est l’engagement des candidats aux municipales en matière d’énergie et climat? L’association réseau Action Climat-France (RAC-F) a fait le tour des 10 plus grandes villes de France (1) en questionnant les candidats sur l’urbanisme, la mobilité, la construction, l’énergie, l’agriculture, les déchets, l’éco-responsabilité et la gouvernance. Des problématiques qui s’avèrent secondaires dans la campagne. Au programme: transports en commun en site propre, zones 30, réseaux de chaleur et rénovation des bâtiments.

Paris, capitale des promesses

Avec Bordeaux et Nice, la capitale s’avère des plus enthousiastes. Mais seuls Anne Hidalgo (PS-PCF) et Christophe Najdovski (EELV) obtiennent un A. A un détail près, la candidate socialiste se contente d’acquiescer aux propositions de l’association tandis que le candidat écologiste apporte des réponses détaillées.

Premier exemple: la révision du plan local d’urbanisme (PLU) afin d’y intégrer des zones de performance énergétique renforcée dans certains quartiers. Les deux candidats y sont favorables, mais le candidat EELV y ajoute l’obligation d’une norme Bâtiment à énergie positive (Bepos Effinergie) pour toute opération d’aménagement dès 2017. Notons que la révision du PLU en faveur de la transition énergétique est unanime. Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP-UDI-Modem) et la conseillère de Paris Danielle Simonnet (Parti de gauche) la partagent.

Côté mobilité, Anne Hidalgo s’engage à créer de nouvelles lignes de transport en commun en site propre (comme les bus à haut niveau de service). Le candidat écologiste y ajoute la création de navettes fluviales municipales, le tour complet de Paris (boulevards des maréchaux) et des bords de Seine par le tramway, ainsi qu’un pass Mobilité offert à tout ménage vendant sa voiture. De son côté, NKM imagine des navettes électriques desservant le bois de Boulogne, et la prolongation du RER E à l’ouest. La candidate PG souhaite plus largement réduire l’usage de la voiture en étendant le tramway, développant les bus inter-quartier et en désamiantant le métro parisien.

Tous les candidats sont également favorables au développement du vélo. A quelques nuances près. Christophe Najdovski et Danielle Simonnet veulent municipaliser le Vélib’ pour le rendre indépendant des publicitaires. Tous s’engagent aussi à généraliser les zones 30 hors des grands axes. Seule NKM y est opposée.

Au chapitre énergétique, le candidat écologiste veut favoriser la réduction d’un quart de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, via un dispositif d’exonération de la taxe foncière pour les bâtiments rénovés antérieurs à 1989. Anne Hidalgo est également favorable au principe d’exonération (sans dire comment). NKM et Danielle Simonnet y sont opposées.

Au rayon déchets, Anne Hidalgo reste fidèle à sa position d’un seul «oui» de principe. Oui, donc, à la création de ressourceries et de recycleries et au développement du compostage et de la collecte sélective des biodéchets. Oui, mais comment? Christophe Najdovski, de son côté, précise qu’il veut promouvoir, plus largement, une économie circulaire en collectant les produits réparables ou valorisables auprès des citoyens et des entreprises. Il s’engage aussi à collecter les biodéchets des 32 millions de repas servis chaque année dans la restauration collective parisienne. Ceux du grand public seront peu à peu collectés au sein de 1.000 colonnes organiques mises en place dans la capitale. Danielle Simonnet veut encourager la réparation et le recyclage par la création de services d’échange locaux (SEL) et reconnaître le droit au glanage. Rappelons que cette activité a fait l’objet d’une interdiction municipale, en 2011 à Nogent-sur-Marne, avant que l’arrêté ne soit suspendu par le tribunal administratif de Melun (voir l’interview de l’auteur du Grand débordement). NKM se contente d’adhérer au principe d’un tri et d’un recyclage accrus.

 

Marseille fait l’impasse

A côté des réponses parisiennes, Marseille fait pâle figure. Seul un candidat sur cinq a daigné répondre. «Les candidats de la ville de Marseille sont ceux qui ont le moins manifesté d’intérêt pour ces enjeux parmi toutes les villes évaluées», constate Nicolas Szczepan, chargé de mission Territoires au RAC.

Ayant reçu un D de l’association, le maire sortant Jean-Claude Gaudin (UMP-UDI) fait porter toutes les responsabilités à la communauté d’agglomération Marseille Provence Métropole. Il ajoute que l’essentiel se trouve déjà dans le PLU adopté en juin 2013 par le conseil communautaire ainsi que dans le plan Climat Energie territorial (PCET) conclu en décembre 2012.

 

A Lyon, trois candidats dans la moyenne

A Lyon, les cinq candidats se sont fendus d’une réponse. Mais aucun d’entre eux ne sort du lot. On trouve à égalité (avec un B) Anne Guitard (FG), Etienne Tête (EELV) et Michel Havard (UMP-UDI). La liste conduite par le maire actuel Gérard Collomb n’obtient qu’un C, avec pour seule réponse un bilan de son action passée. Selon le RAC, l’adjoint au maire Etienne Tête souffre –dans une moindre mesure- du même travers, tandis que Michel Havard ne donne que des réponses succinctes. Aline Guitard veut quant à elle généraliser les zones 30 et accompagner les projets d’auto-réhabilitation par les habitants eux-mêmes.

 

Des régies publiques à Toulouse

A Toulouse, Jean-Christophe Sellin (PG) obtient les grâces de l’association (A) avec la création de ses régies publiques du bien-vivre, permettant aux ménages précaires d’accéder à des logements sociaux à haute qualité environnementale, à des énergies propres et à une nourriture de qualité. D’autres régies publiques seront chargées de rénover les bâtiments municipaux. Jean-Christophe Sellin souhaite aussi municipaliser VeloToulouse, développer les transports en commun en site propre et les zones 30. Derrière lui, Antoine Maurice (EELV) mise sur un schéma directeur de l’énergie incluant des contrats 100% énergies renouvelables pour la consommation de la collectivité. Il milite aussi pour un objectif de 100% bio dans les cantines scolaires de la ville. La candidate du Rassemblement citoyen Elizabeth Belaubre –qui a quitté EELV en 2012- est à égalité avec Antoine Maurice. Elle propose de créer des milliers de jardins familiaux ou partagés et de relier les réseaux de transport en commun existants (tram, métro et bus) par des micro-bus légers de 9 places.

A Nice, Patrick Allemand (PS-EELV) et Robert Injey (FG) arrivent en tête à égalité (note A). Le RAC relève que la majorité des candidats ont pris en compte les enjeux énergie-climat lors de ces élections. Les transports y tiennent la première place, avec une traversée est-ouest en site propre pour le candidat écologiste, et des parkings de dissuasion à l’extérieur de la ville pour privilégier les transports en commun selon le représentant du Front de gauche.

A Nantes, le réseau de chaleur n’emporte pas l’adhésion. Pascale Chiron (EELV) –en tête avec un A-souhaite l’étendre à 100 km en 2017. Xavier Bruckert (Modem) veut l’alimenter par méthanisation plutôt que par incinération des déchets. Parmi les propositions originales, Laurence Garnier (UMP-UDI) est favorable à une exonération fiscale pour les rénovations de bâtiments anciens tandis que Xavier Bruckert compte créer des fermes verticales.

A Strasbourg, Alain Jund (EELV) l’emporte selon les critères du RAC. On peut toutefois regretter que le candidat se contente de répondre oui aux 20 propositions, comme Anne Hidalgo à Paris, sans apporter plus de précisions. Autre regret: l’absence de réponses de 5 candidats sur 9, dont la sénatrice Fabienne Keller (UMP-Modem). Notons que l’ancien président de l’Ademe, François Loos, n’obtient qu’un C. Le candidat de l’UDI veut freiner les projets de transport en commun en site propre et le développement des produits locaux dans les cantines…

A Montpellier, aucun programme ne convainc totalement l’association. Muriel Ressiguier (FG) et Philippe Saurel (DVG) obtiennent quand même un B. La première propose une ceinture maraîchère. Le second doute quant à lui de la faisabilité du bio dans les cantines. Original, le candidat UDI Joseph Francis se fait porte-parole du mouvement Zero Waste. Un choix sans doute lié aux incidents à répétition de l’usine de tri mécano-biologique (TMB) Amétyst.

A Bordeaux, c’est Alain Juppé qui présente les meilleures propositions en matière d’énergie et de lutte contre le changement climatique, même s’il se réfère essentiellement aux mesures déjà adoptées dans le cadre du plan Climat. Notons que Vincent Feltesse (PS-EELV) propose une régie communale d’éoliennes et vise l’autonomie énergétique en 2025.

A Lille, enfin, Martine Aubry (candidate du PS et du Modem) n’a pas daigné répondre au questionnaire du RAC. Hugo Vandamme (FG) arrive en tête devant Lise Daleux (EELV). Le premier propose la gratuité des transports en commun, la seconde s’engage à créer deux lignes de tram-train, de mettre en place la tarification incitative des déchets et de donner des poules pour limiter les biodéchets.

 

 

(1)Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux et Lille

(2)L’intégralité des réponses est disponible sur le site du RAC



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