Municipale 2020 : le vélo à la sauce locale

Le 04 février 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le CVTC invite les collectivités à fluidifier la circulation en vélo.
Le CVTC invite les collectivités à fluidifier la circulation en vélo.

Dans un rapport présenté mardi 4 février, le Club des villes et territoires cyclables liste les mesures à prendre pour mener une politique vélo communale et intercommunale efficace.  

 

Ce mardi 4 février, le Club des villes et territoires cyclables (CVTC) a présenté son guide pratique de la bicyclette à destination des futures équipes municipales. Car, si les candidats à la mairie de Paris se sont emparés du sujet, «tout le monde ne sait pas faire et les élus ont besoin d’être accompagnés », a rappelé Barbara Pompili, présidente de la commission développement durable et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée nationale.  

Les collectivités comme moteur

Pour renforcer l’amour des collectivités pour la petite reine, le guide suggère de créer des fonctions de chargé de mission. Afin d’accompagner et coordonner les différents acteurs et d'aider au déploiement des mesures proposées par la loi d’orientation des mobilités (LOM).

Aux administrations locales d’établir un plan de mobilité au sein de la collectivité ! Et, histoire de montrer l’exemple, d’impliquer leurs propre agents. Par exemple, via la mise place un forfait mobilité durable pour les encourager à recourir au vélo pour les trajets domicile travail.

Il s’agit ensuite de déployer des mesures pour favoriser l'apprentissage de la bicyclette. Objectif: que les enfants acquièrent la compétence vélo avant d’entrer au collège. Dans la même veine, le CVTC recommande de créer des vélo-écoles afin de développer «l’apprentissage à tout âge et dans tous les quartiers avec des séances de remise en selle».

Viennent ensuite des mesures d’incitation, comme l'instauration d'une aide à l’achat d’un vélo.

Repenser les espaces

Autre enseignement du rapport, qu'ils soient publics ou privés, les espaces doivent être réaménagés. Multiplication des places de stationnements sécurisés près des gares ou des aires de covoiturages ; repenser la répartition de l’espace public entre la voiture et le vélo ; planifier les continuités et le maillage des itinéraires en les prenant en compte dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les plans d’urbanisme intercommunaux (PLI).

Selon le CVTC, PLU et PLI doivent obliger les promoteurs à réaliser des stationnements vélos sécurisés et accessibles dans les constructions neuves. Solution complémentaire: l’installation d’arceaux de sécurité dans les pôles dits «générateurs de trafic», telles les zones commerçantes, de loisirs et d’emplois. La rapport invite aussi les collectivités à prescrire la réalisation de locaux de stationnements sécurisés dans les parties communes.

Connecter les territoires

Le guide s’attarde enfin sur la nécessité de connecter les territoires entre eux, tout en renforçant la sécurité. Conditions sine qua non au développement de la pratique du vélo. Le CVTC suggère de muscler les réseaux cyclables des centres aux périphéries des villes et de prolonger les itinéraires en dehors des agglomérations, là où la vitesse sur les routes augmentent et le danger avec. «A ce titre de nombreux territoires gagnent à développer le réseau des voies vertes, réservées aux déplacements non motorisés». Les élus sont invités à limiter la vitesse à 30km/h dans les bourgs et villages, mais aussi à effacer les grandes coupures périphériques à la ville (autoroutes, voies ferrées, zones industrielles)…  

Quid du nerf de la guerre ? Toutes ces mesures ne coûteraient pas si cher à en croire le CVTC. «Nous allons publier un guide des coûts des politiques cyclables. Une demande récurrente des collectivités locales» annoncee Pierre Serne, président du CVTC. Une étude programmée pour l'année en court.