MP: les médecins connaissent mal le système de reconnaissance

Le 13 mai 2008 par Claire Avignon
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Les médecins de ville connaissent très mal le système de reconnaissance des maladies professionnelles (MP). C'est l'une des raisons de la sous-déclaration des cancers broncho-pulmonaire liés à l'amiante, mise en évidence par une étude menée par Alain Viau, médecin de santé publique à l'Observatoire régional de la santé Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), et présentée lors des rencontres scientifiques de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), mercredi 7 mai.

Le médecin et son équipe ont mené une enquête téléphonique auprès de 486 médecins de ville et pneumologues, tirés au sort, de la région Paca. Outre un questionnaire sur leur comportement et leurs pratiques dans le domaine de la santé au travail, le cas d'un patient de 50 ans, ayant travaillé 20 ans pour les chantiers navals et souffrant d'un cancer du poumon leur a été soumis. Dans la moitié des cas, le patient était décrit comme fumeur, dans l'autre moitié, comme non fumeur.

Selon la «présomption d'imputabilité», un patient souffrant d'une pathologie répondant à tous les critères d'un tableau de MP n'a pas besoin de prouver l'origine de sa maladie pour la voir reconnue comme MP. Les médecins auraient tous dû répondre que le cas relevait d'une MP. Pourtant, les praticiens de ville ne sont que 64% à donner cette réponse. Le chiffre tombe à 33% lorsque le patient est décrit comme fumeur. Les pneumologues font beaucoup mieux puisqu'ils sont respectivement 85,1% et 83,3% à répondre par l'affirmative.

Ces résultats amènent à un second constat: les médecins de ville ne sont pas familiers avec le fait qu'une interaction entre le tabac et l'amiante n'aboutit pas à une addition du risque de cancer mais à sa démultiplication. «Il semble que le tabac occulte les autres risques, analyse Alain Viau. Pis: les fumeurs sont stigmatisés par les médecins.»

Les patients traités par les médecins de ville déclarant moins de 25 consultations par jour ont plus de change d'être diagnostiqués correctement que par ceux qui en déclarent plus.

Pour Alain Viau, «il faut améliorer la formation initiale et continue des médecins généralistes en santé au travail».




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