Moustique GM: après le Brésil, la Floride

Le 02 février 2015 par Romain Loury
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Les Keys
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Après le Brésil en 2014, la société britannique Oxitec prévoit de lâcher en 2015 des contigents de moustiques génétiquement modifiés dans le sud de la Floride, afin d’y lutter contre des maladies tropicales. La perspective est loin de faire l’unanimité auprès de la population locale.

Vecteur de la dengue et du chikungunya, ce moustique de l’espèce Aedes aegypti a été modifié par insertion de deux gènes. Lorsqu’elle est fécondée par un mâle «OX513A» –seuls les mâles, qui ne piquent pas, seront relâchés-, une femelle sauvage donne lieu à une progéniture peu viable (taux de survie de 3%), avec pour effet une réduction de la population.

Après des expériences menées aux îles Caïman et en Malaisie, le Brésil est devenu en avril 2014 le premier pays à franchir l’étape de l’autorisation. La Floride pourrait être la prochaine étape. Sujet à la dengue, l’Etat est devenu en juillet 2014 le premier aux Etats-Unis à rapporter des cas autochtones de chikungunya (11 recensés à ce jour), suite à l’épidémie qui frappe les Antilles depuis octobre 2013.

Sous réserve du feu vert de la Food and Drug Administration (FDA), les moustiques GM seront relâchés à Key Haven, à proximité de l’île de Key West. Partenaire d’Oxitec sur le projet, le Florida Keys Mosquito Control District (FKMCD), en charge de la démoustication dans les Keys (archipel situé au sud de la Floride), prévoit jusqu’à trois lâchers par semaine.

La crainte de l’OGM

Face à cette perspective, les opposants au projet ont lancé une pétition, à ce jour signée par plus de 146.000 personnes. Outre l’introduction de gènes, les signataires disent craindre une virulence accrue de la dengue, ou encore une montée en puissance du moustique tigre, plus virulent.

Du côté d’Oxitec, on rappelle que l’Aedes aegypti est une espèce invasive en Floride, et que la technique permettra de diminuer le recours aux insecticides. Parmi eux, la deltaméthrine, peu recommandable d’un point de vue environnemental. De plus, il n’y a selon la société aucun risque d’introduction des gènes dans l’environnement, du fait de la stérilité des individus.

A ce jour, la société britannique n’a adressé aucune demande d’autorisation en France -pays peu enclin aux OGM sous leur forme végétale-, a affirmé le ministère de l’écologie à BFMTV. La technique des insectes stériles (TIS) n’en est pas moins à l’étude en France, sur l’ile de La Réunion.

A La Réunion, de premiers lâchers en 2015

En l’occurrence, il s’agit du moustique tigre Aedes albopictus, récemment arrivé dans l’île, rendu stérile non pas par transgénèse mais par irradiation avec des rayons gamma. Pour le reste, le principe est le même: seuls les mâles stériles seront relâchés, à raison d’un nombre 5 à 10 fois plus élevé que les mâles sauvages.

Lancé en 2009, le projet TIS est coordonné par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes dans l’océan Indien (CRVOI), et est en partie financé par le ministère de la santé.

Après une phase d’essai en laboratoire (2009-2014), la phase d’évaluation sur le terrain, d’abord à petite échelle, va commencer cette année pour s’achever en 2017. Le projet entrera en phase opérationnelle dès 2018.

«Le but visé sera alors la réduction des populations de moustiques à un seuil qui limiterait considérablement les risques de transmission des agents pathogènes à l’homme (et non l’éradication des moustiques par la TIS qui reste un objectif pour l’instant irréaliste)», expliquaient les investigateurs lors d’une journée de restitution au grand public organisée en juin 2014 à Saint-Denis.

L’Outre-mer lourdement touché

Si La Réunion a été la première touchée à grande échelle par le chikungunya en 2005-2006, la maladie a lourdement frappé les Antilles depuis octobre 2013. Selon le dernier bilan dressé mi-janvier par l’Institut de veille sanitaire (InVS), environ 160.600 cas ont été recensés entre la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

C’est d’ailleurs des Antilles que le chikungunya s’est étendu au continent américain, d’abord via la Guyane jusqu’à l’Amérique centrale, d’autre part à la Floride. La maladie a aussi touché la Polynésie française en octobre 2014, avec près de 60.000 cas recensés début janvier. Elle est apparue à l’automne dernier en métropole, avec 11 cas autochtones dans un même quartier de Montpellier.



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