Moscou veut étendre ses frontières arctiques

Le 06 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Après avoir annoncé le déploiement de ses troupes en Arctique (voir JDLE), la Russie annonce aujourd’hui 6 juillet qu'elle compte demander en 2012 à l'ONU l'élargissement de ses frontières dans l'Arctique. En 2008, le Kremlin avait validé une stratégie pour faire de la Russie «la puissance principale de l'Arctique» d'ici à 2020.

 
«Je m'attends à ce que l'année prochaine nous transmettions à la commission de l'ONU une demande fondée scientifiquement sur l'élargissement des frontières de notre plateau continental dans l'Arctique», a annoncé le vice-premier ministre Sergueï Ivanov, en charge des questions de défense nationale, dont les propos sont repris par l'agence officielle Itar-Tass.
 
La Commission des limites du plateau continental de l'ONU règle ces questions sur la base de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982. Un texte qui permet aux pays signataires ayant une façade maritime d'étendre leurs droits pour l'exploitation des ressources naturelles, minérales, énergétiques, biologiques, de 200 milles (soit environ 360 km) à 350 milles (630 km), s'ils peuvent prouver, par des études scientifiques, que cette extension constitue «la prolongation naturelle du plateau continental».
 
Le vice premier ministre a ajouté que, dans les jours à venir, une nouvelle expédition scientifique allait partir explorer la dorsale de Lomonossov et celle de Mendeleïev afin de prouver qu'il s'agit d'extensions de son plateau.
 
En 2007, des explorateurs avaient planté un drapeau russe au fond de l'océan Arctique, à plus de 4.000 mètres sous le pôle Nord, une mission symbolisant les revendications territoriales de Moscou.
 
La dorsale de Lomonossov, une chaîne de montagne sous-marine, s'étend du Groenland à la Sibérie et au pôle Nord. Le Groenland et le Canada affirment aussi qu'elle est le prolongement naturel de leurs plateaux respectifs. La dorsale de Mendeleïev s'étend de la Sibérie au centre de l'Océan arctique. Moscou cherche à prouver que cette dorsale n'est pas un plateau océanique mais le prolongement de son plateau continental.
 
La fonte des glaces arctiques et des progrès technologiques permettent aux pays de la région d'espérer utiliser l'Arctique à des fins commerciales et d'en explorer les ressources.
Les cinq Etats riverains, membres du conseil de l’Arctique, sont engagés dans une course aux revendications territoriales dans cette région susceptible de contenir 13% du pétrole et 30% du gaz naturel non découverts dans le monde.
 
La Russie veut aussi développer une voie maritime commerciale dans l'Arctique vers l'Asie, une route plus difficile que le passage traditionnel via le canal de Suez, mais beaucoup plus courte (13.000 km contre 22.200 km). Sergueï Ivanov a d'ailleurs indiqué que trois millions de tonnes de marchandises doivent emprunter cette voie en 2011, un chiffre qu'il espère voir passer à cinq millions de tonnes l'année prochaine.
 
Dans ce contexte, le commandant de la marine russe, l'amiral Vladimir Vissotski, souligne aujourd’hui 6 juillet «les défis et les menaces» que représentent les ambitions arctiques de l'Otan mais aussi celles de pays asiatiques, en particulier la Chine et le Japon. «Un grand nombre de défis et de menaces sont actuellement concentrés dans l'Arctique (...) et ils peuvent avoir un effet négatif pour les intérêts économiques russes», selon les propos rapportés à l'agence Ria Novosti.

 



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