Montréal, plus fort que Kyoto

Le 20 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Il n’y a pas qu’à Kyoto que l’on conclut des protocoles. C’est en 1987 que fut signé à Montréal le protocole « relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone ». Son but est d’interdire, à terme, la production et l’utilisation des substances détruisant l’ozone stratosphérique : des particules qui nous protègent des dangereux rayons UV émis par le soleil.

Le 16 septembre, à l'occasion de la Journée internationale des Nations unies pour la protection de la couche d'ozone, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) ont publié un pré-rapport sur l’efficacité de la mise en œuvre du protocole de Montréal.

Rédigée et revue par quelque 300 scientifiques, cette étude est riche en bonnes nouvelles. Ces 10 dernières années, annonce-t-elle, les concentrations d'ozone ont cessé de diminuer, globalement et dans les régions polaires, sans pour autant augmenter. Du fait de l'élimination progressive des gaz nocifs (CFC, notamment), la couche d'ozone, en dehors des régions polaires, devrait revenir avant le milieu du siècle à son niveau d'avant 1980. La reconstitution de la couche d'ozone pourrait être accélérée par le refroidissement – lié aux gaz à effet de serre – de la haute stratosphère. En revanche, la formation du trou dans la couche d'ozone, chaque printemps au-dessus de l'Antarctique, est un phénomène qui perdurera encore longtemps.

La réduction des émissions de gaz anti-ozone a aussi des conséquences pour le climat. En effet, les CFC sont de très puissants GES, dont le pouvoir de réchauffement global est plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2. Résultat, en 2010, « la réduction – imposée par le protocole de Montréal – des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, exprimée en émissions d'équivalent CO2 (environ 10 gigatonnes), a été 5 fois supérieure à l'objectif visé pour la première période d'engagement (2008-2012) du protocole de Kyoto. »

Par ailleurs, la persistance du trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique a des conséquences de plus en plus évidentes : la configuration des vents change ainsi que les températures en surface.

Autre sujet d’inquiétude, la croissance des rejets de substituts aux CFC, tels les HCFC. Ces derniers, qui sont aussi de très puissants GES, voient leur concentration progresser de 8 % par an. Fort heureusement, leurs émissions doivent légalement commencer à diminuer à partir de la décennie prochaine.

Selon l’OMM, la version intégrale du rapport sera disponible début 2011.

 

 



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