Montréal dit bye-bye aux trottinettes électriques

Le 20 février 2020 par Victor Miget
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Des trottinettes électriques de l'opérateur Lime
Des trottinettes électriques de l'opérateur Lime

Désordre, non-respect du code de la route, cohabitation difficile avec les piétons… Pour le moment, la ville de Montréal dit non aux trottinettes électriques en libre-service.

 

La messe est dite. Le comité exécutif de la ville de Montréal a tranché le 19 février. Il a adopté une modification réglementaire interdisant les (mondialement décriées) trottinettes électriques en libre-service. En 2020, les permis d'exploitations de Lime et Bird ne seront pas renouvelés par la ville.

Incivilité et stationnement

L’incivilité et le non-respect du code de la route de la part des utilisateurs ont eu raison des opérateurs. En 1 an, 333 constats d’infractions ont été émis par la police montréalaise pour non-respect du Code la sécurité routière (CSR). 110 constats d’infractions ont été destinés aux exploitants pour des trottinettes et des vélos mal stationnés, dont 59 à la seule compagnie Lime. Seulement 20 % des trottinettes utilisées en 2019 étaient stationnées dans les aires dédiées. Le comité exécutif fait aussi état d’une difficile cohabitation entre piétons et trottinettes.

Eric Alan Caldwell, le responsable de l'urbanisme, de la mobilité et de l'Office de consultation publique de Montréal a expliqué dans un communiqué que : «ce bilan démontre qu'il faut apporter des changements au projet pilote des trottinettes pour assurer un déploiement ordonné, à la hauteur de nos attentes et de celles de la population. Cette année donc, les demandes de permis seront suspendues.

Ironie du sort : Il y a tout juste un mois, la maire de Montréal, Valérie Plante, avait qualifié de «dinosaures» les membres de l’opposition qui avaient déposé une motion afin d'interdire les trottinettes électriques en libre-service dès 2020.

Espace public

Pour le président-directeur général de Bird Canada, Stewart Lyons, «la décision aura un impact négatif sur la mobilité et la micromobilité des Montréalais», rapporte le Journal de Montréal. Lime regrette quant à lui «un pas en arrière pour les habitants d’une ville déterminée à réduire les embouteillages ainsi que son empreinte carbone».

«Il a toujours été clair, dès le début, que nous encourageons le déploiement des nouvelles formes de mobilité, mais que cela ne doit pas se faire au détriment de la bonne gestion de l'espace public et de l'accessibilité universelle», a affirmé Eric Alan Caldwell. Bird, qui espère un retour dans les rues de Montréal dès 2021, dit collaborer avec la Ville afin de trouver des solutions aux problèmes évoqués.

Compensation

Pas de panique ! Le départ des trottinettes ne veut pas dire la mort des mobilités douces. Les vélos électriques en libre-service type Jump (Uber) passent plus ou moins entre les gouttes. «Les permis pour les vélos électriques seront renouvelés, mais régis par une réglementation plus serrée», a expliqué le responsable de l'urbanisme de Montréal. De nouveaux supports vélos seront même installés dès l’été prochain… moyennant une augmentation des tarifs de location. Une contribution supplémentaire de 75$ (50 euros) par véhicule sera demandée et servira à l'achat des arceaux. Le service BIXI et ses 7.430 vélos sera musclé par 2.200 vélos à assistance électrique d'ici 2022.

Ce n’est pas la première fois que les trottinettes sont purement et simplement interdites. Au Canada, la Ville de Westmount a emboîté le pas à Montréal, le 19 février, et a mis fin à son propre projet pilote. Barcelone a prononcé leur interdiction dès octobre 2017.

Plutôt que d’interdire, d’autres municipalités optent pour les restrictions drastiques. San Francisco n’a autorisé que deux petits opérateurs. Paris assaillie par 12 opérateurs, a lancé un appel d’offre pour n’en conserver… que 3.