Montée de la mer: au minimum 6 mètres

Le 09 juillet 2015 par Romain Loury
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Adieu vacances à la plage
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La montée des eaux liée au réchauffement climatique pourrait être bien pire que prévu: selon une étude publiée jeudi 9 juillet dans la revue Science, elle pourrait atteindre au minimum 6 mètres, même en réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre. Mais nul ne sait à quelle échéance une telle catastrophe, très hypothétique, se produirait.

Publiée en marge d’une importante conférence sur les effets du réchauffement climatique [1], cette étude menée par Andrea Dutton, de l’université de Floride à Gainesville, et ses collègues a de quoi faire frémir: même en cas de réchauffement réduit à moins de 2°C d’ici la fin du siècle, l’effet sur le niveau de mer pourrait dépasser toutes les prévisions émises à ce jour.

Analysant les données géologiques, les chercheurs se sont penchés sur trois épisodes de montée des eaux survenues au cours des trois derniers millions d’années. La plus récente, il y a 125.000 ans, a entraîné une hausse du niveau de la mer comprise entre 6 et 9 mètres avec seulement 1°C de plus que par rapport au niveau préindustriel, tandis que celle d’il y a 400.000 ans, avec 1,2°C de plus, l’a fait grimper de 6 à 13 mètres.

+2°C, un optimisme très relatif

Pour ces deux évènements, le taux atmosphérique de CO2 était bien plus faible que maintenant, un peu au-dessus de 280 parties par million (ppm). Ce qui n’était pas le cas de la plus ancienne, il y a 3 millions d’années, où ce taux atteignait celui observé actuellement, de 400 ppm. Là aussi, le niveau de la mer s’était élevé au minimum de 6 mètres, avec une hausse de la température comprise entre 2°C et 3°C.

Or la température actuelle est déjà 0,9°C plus élevée qu’elle ne l’était à l’ère préindustrielle. Et l’objectif actuel, qui semble de plus en plus optimiste, est de maintenir cette hausse à moins de 2°C d’ici 2100. Au rythme actuel des émissions, elle serait plutôt de 4°C, si rien n’est fait pour atténuer les émissions avant la fin du siècle, rappellent les chercheurs.

Dans les trois cas, c’est la fonte des pôles, où le réchauffement est le plus prononcé, qui explique une si forte hausse du niveau de la mer. La contribution des pôles se serait fortement accrue ces dernières années, expliquant probablement 40% de la montée des mers, ce qui la fera bientôt passer devant la part liée à la fonte des glaciers et à la dilatation thermique des océans.

Une vitesse très incertaine

Quand faut-il s’attendre à voir cette éventuelle hausse de 6 mètres? Difficile de le dire: les chercheurs ignorent à quelle vitesse la montée des eaux s’est produite lors de ces trois évènements.

Pour Peter Clark, paléoclimatologue à l’université d’Etat de l’Oregon (Corvallis) et co-auteur de l’étude, «le taux de CO2 continue à augmenter, nous entrons en terre inconnue. Nous ignorons notamment le temps qu’il faudra pour parvenir à une telle hausse du niveau de la mer. Cela pourrait prendre plusieurs siècles à quelques millénaires avant que nous voyions l’impact total de la fonte de la calotte glaciaire».

Selon Andrea Dutton, contactée par le JDLE, la vitesse d’élévation du niveau de la mer au cours des trois épisodes analysés est en effet très incertaine. Elle pourrait être très élevée: à la fin de la dernière période glaciaire, entre -15.000 et -10.000 ans, la mer s’est élevée au rythme de 4 mètres par siècle. Ce qui déjouerait les prévisions les plus pessimistes du groupement international d’experts sur l’évolution du climat (Giec).

Dans son cinquième et dernier rapport, publié en 2014, le scénario RCP2 .6, d’une hausse moyenne de 1°C d’ici la fin du siècle, entraînerait une montée de la mer jusqu’à 0,61 mètre en 2100, 1,02 mètre en 2500. Et si une hausse de 6,63 mètres est bien prévue par les experts, c’est dans le pire des cas: en l’an 2500 dans un scénario RCP8.5.

[1] La conférence «Notre avenir commun face au changement climatique», qui s’achève vendredi 10 juillet au siège parisien de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).



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