Moitié moins de pollen pour les bourdons exposés à un néonicotinoïde

Le 30 janvier 2014 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Plecotus austriacus.
Plecotus austriacus.
©Hugh Clark/Bat Conservation Trust

Les colonies de bourdons exposées à l’imidaclopride[1] ramènent deux fois moins de pollen que les autres, assure une étude britannique publiée dans la revue Ecotoxicology. Des observations inquiétantes, puisque le pollen est leur seule source de nourriture et que leur descendance est ainsi privée d’une partie conséquente de ses moyens de subsistance. Ce pesticide de la famille des néonicotinoïdes, est frappé par un moratoire en vigueur en Europe pour les deux prochaines années, justement à cause de ses effets délétères sur les colonies d’abeilles.

 

Dave Goulson, professeur de l’Université du Sussex, et son équipe ont équipé des insectes d’étiquettes électroniques pour suivre leurs mouvements. Pesés lors de leur départ, puis à leur retour du butinage, les bourdons ont fait montre de comportements fort différents suivant qu’ils avaient ou non été en contact avec de l’imidaclopride (à faible dose). Les insectes exposés ont ramené du pollen de 40% de leurs voyages, contre 63% pour ceux qui n’étaient pas exposés. Ceux qui, exposés, ont ramené du pollen en ont butiné 31% de moins que leurs congénères indemnes. Au total, les colonies exposées au pesticide ont recueilli 57% de pollen en moins. Et ce sans que les chercheurs puissent établir de différence significative dans la façon de collecter le nectar entre les deux populations.

 

«Même des doses quasiment infinitésimales de ces neurotoxiques semblent suffisantes pour détraquer la capacité des insectes à collecter leur nourriture. Etant donné l’importance vitale des bourdons en tant que pollinisateurs, il y a de quoi s’inquiéter», estime Hannah Feltham, de l’université de Stirling. La même équipe, rappelle The Guardian, avait récemment mis en lumière que les colonies exposées à ces néonicotinoïdes voyaient leur nombre de reines réduit de 85%. Un effondrement qui pourrait désormais s’expliquer par le manque de nourriture rapporté par les ouvrières.

 



[1] Il est fabriqué par le groupe Bayer.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus