Moins de viande dans l’assiette, c’est aussi moins d’eau consommée

Le 10 septembre 2018 par Marine Jobert
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Les céréales nécessitent beaucoup d'eau.
Les céréales nécessitent beaucoup d'eau.
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Une étude européenne démontre qu’un mangeur qui se contente de respecter les recommandations nutritionnelles peut sensiblement diminuer le volume d’eau nécessaire à la fabrication de sa nourriture.

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai combien d’eau tu consommes. La notion d’«empreinte eau» fait son chemin, car comme l’écrivent les auteurs d’une étude publiée ce 10 septembre dans la revue Nature Ressources, «tout le monde sait ce que représente un litre d’eau.» Appliquée à l’assiette, elle pourrait servir à remodeler les régimes alimentaires en fonction de ce nouveau facteur, et ce alors que le dérèglement climatique et le commerce mondial aggravent les risques de pénurie d’eau.
Deux Boeings 747 par an
Cette étude, réalisée en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France à des échelles territoriales très fines (43.786 entités géographiques étudiées), illustre à quel point l’empreinte eau dépend des habitudes alimentaires. Sans surprise, ce sont les régimes carnés qui tiennent le haut du pavé. En 2012, une étude du WWF avait estimé qu’un gros tiers de la consommation d’eau d’un Français (1.786 m3/an, soit l'équivalent du volume intérieur de deux Boeing 747) correspondait à la consommation de viande, par le biais du maïs et du soja cultivé pour nourrir le bétail et 10% pour le lait, via les fourrages.
L’huile d’olive au Sud
Les auteurs ont calculé, à partir de l’étude française INCA, une fourchette de consommation d’eau allant de 3,303 à 5,149 l par personne et par jour. Un différentiel d’un bout à l’autre du pays qui s’explique, par exemple, par l’appétence des gens du Sud pour l’huile d’olive en regard du beurre plus utilisé au nord. Ou par la pyramide des âges d’une commune à l’autre, puisque de 3 à 14 ans, on consomme 2 fois plus de produits laitiers (hors fromages) que toutes les autres classés d’âge. Le niveau d’études jouera davantage sur la consommation de vin, plus élevée chez les personnes éduquées, comme l’ont constaté les chercheurs en comparant plusieurs quartiers de Londres.
Moins de viande = moins d’eau
Cette étude met en lumière que la seule observance des recommandations nutritionnelles peut faire baisser de 11 à 35% l’empreinte eau. C’est du côté des graisses, du sucre, de la viande rouge et –particulièrement pour la France et l’Allemagne- une carence dans la consommation de fruits et de légumes, que le bât blesse. Un glissement vers des régimes alimentaires à base de poissons ou végétariens font chuter respectivement de 33-55% et 35-55% l’empreinte eau. 


 



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