Moins de salmonelles en France, mais des coriaces

Le 09 mai 2012 par Romain Loury
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Certaines souches de salmonelle résistent aux antibiotiques
Certaines souches de salmonelle résistent aux antibiotiques

Le taux de salmonelloses a diminué de 20% en France entre 2002 et 2010, mais l’antibiorésistance est en hausse, révèle le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) [1].

La France n’est pas une exception en la matière: pour la 6e année consécutive, l’Europe a connu un recul des salmonelles, de 9% entre 2009 et 2010. Mais contrairement à l’Europe, la baisse française, amorcée en 2006, n’a pas été continue, avec une hausse de 33% en 2008. Le déclin s’est poursuivi depuis, pour atteindre 9.405 souches reçues par le Centre national de référence (CNR) en 2010.

Cette évolution semble liée à la chute des deux principales souches de salmonelles, Enteridis et Typhimurium, dont le nombre de cas a respectivement diminué de 38% et 24% entre 2002 et 2010. D’autres pourraient bientôt les remplacer: peu connue avant les années 1990, la souche dite «monophasique» est en hausse constante, représentant 15% des souches envoyées au CNR en 2010.

Apparu chez le porc avant de s’étendre à d’autres filières, ce variant de Typhimurium inquiète les experts en raison de son profil de résistance aux antibiotiques. Parmi eux, certains sont très utilisés en médecine, tels l’amoxicilline, la streptomycine, les sulfamides et la tétracycline.

Ces chiffres globalement rassurants cachent donc une réalité plus inquiétante, celle d’infections certes moins fréquentes mais qui pourraient devenir moins faciles à traiter. Au-delà de la souche monophasique, 50% des Typhimurium de 2010, contre 38% en 2006, sont du type DT104, résistant à 6 antibiotiques différents.

Autre reflet des tendances européennes, les infections par Campylobacter sont en hausse, de 97% entre 2003 et 2010. Cette augmentation «est probablement attribuable à une combinaison de facteurs tels que le recrutement de nouveaux laboratoires participants et l’augmentation du nombre de souches envoyées par les laboratoires participant déjà à la surveillance», estiment les auteurs, qui n’excluent toutefois pas une réelle montée d’incidence dans la population.

Comme pour les salmonelles, Campylobacter devient de plus en plus résistant aux antibiotiques. Du moins à certains d’entre eux, dont les quinolones, auxquelles 49% de Campylobacter jejuni et 79% de Campylobacter coli sont désormais insensibles.

[1] Consacré aux «risque microbiologiques alimentaires dans les produits d’origine animale», ce numéro spécial du BEH a été élaboré par l’Institut de veille sanitaire (InVS), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et la Direction générale de l’alimentation (DGAL).



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