Moins de riz pour les petits Danois

Le 22 mai 2013 par Romain Loury
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Limiter l'apport de riz chez les enfants, conseille l'agence sanitaire danoise.
Limiter l'apport de riz chez les enfants, conseille l'agence sanitaire danoise.
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Les autorités sanitaires danoises déconseillent de donner trop de produits à base de riz aux enfants, en raison de leur teneur élevée en arsenic, selon un communiqué de l’administration vétérinaire et alimentaire du Danemark (DVFA) publié le 15 mai.

Entre autres méfaits (cardiovasculaires, neurotoxicité, retards de développement chez l’enfant, etc.), l’arsenic, en particulier celui de forme inorganique, est associé à un risque accru de cancer, probablement à très long terme. Et ce à des doses assez faibles pour que l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) décide, en 2009, de retirer sa dose hebdomadaire tolérable (DHT), fixée à 15 microgrammes par kilo (µg/kg) de poids corporel, au motif que des effets toxiques étaient observés en dessous.

Or selon plusieurs études, le riz, chargé en arsenic, en constituerait une source importante pour la population générale [JDLE]. En septembre 2012, la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis a estimé qu’il était particulièrement présent dans le riz non transformé autre que le basmati (6,7 µg par tasse de riz cuit), suivi de près par les gâteaux de riz, puis par les laits de riz.

Si la FDA ne conseillait alors pas plus qu’un régime équilibré pour éviter la surexposition, la DVFA vient de franchir un nouveau pas en ce qui concerne les enfants, en raison de leur faible poids et de leur exposition à plus long terme. Elle va jusqu’à conseiller aux parents d’éviter de donner à leurs enfants des gâteaux et des boissons à base de riz -dont les laits-, ainsi que des céréales à base de riz soufflé tous les jours.

Aux Etats-Unis, l’inquiétude s’étend à la viande de volaille, suite à une étude que des chercheurs viennent de publier dans la revue Environmental Health Perspectives. Selon ces travaux, l’arsenic inorganique serait particulièrement concentré dans les poulets traités aux antibiotiques. En cause, la roxarsone, antibiotique à base d’arsenic dont le laboratoire Pfizer a annoncé, en 2011, la suspension de la vente, mais qui, au grand dam des associations, reste autorisée par la FDA –il est interdit en Europe.

En France, ni le poulet ni le riz ne ressortent comme d’importantes sources d’exposition à l’arsenic inorganique, selon l’étude EAT2 publiée en juin 2011. Chez l’adulte, 24% à 27% de l’exposition proviendrait de l’eau, 14% à 16% du café; chez l’enfant, l’eau arrive aussi en première position (19%-24%), devant le lait (11%-17%) et les boissons rafraîchissantes sans alcool (10%-12%).

Si l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) n’exclut pas un risque pour une partie de la population, l’exposition à l’arsenic aurait baissé depuis l’étude EAT1 menée au début des années 2000: -25% pour les adultes et -15% chez les enfants pour l’arsenic total (formes organiques et inorganiques).



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