Moins de pesticides pour les amateurs

Le 07 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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Un arrêté publié au Journal officiel du 29 novembre dernier renforce l’encadrement de l’utilisation de produits phytosanitaires dans les jardins et espaces verts. Certains pesticides très toxiques sont désormais interdits.

L'arrêté précise que la mention « emploi autorisé dans les jardins » ne peut pas s'appliquer pour des produits qui contiennent des matières actives classées très toxiques, explosives, cancérogènes, mutagènes ou toxiques et nocives pour la reproduction ou le développement. Ce texte est en fait une relecture plus précise d'un arrêté précédent datant de 1999.Désormais, les bidons de biocides ne pourront excéder trois litres ou trois kilos. Les pouvoirs publics entendent promouvoir une utilisation raisonnée de ces produits. Outre, l'interdiction des produits les plus dangereux, une gamme de biocides change de statut et passe dans la catégorie N « dangereuses pour l'environnement et les milieux aquatiques ».

Ce renforcement des limitations d'usages n'est pas neutre pour l'environnement. Tous les ans, les jardiniers amateurs et les services des espaces verts épandent 7000 tonnes d'herbicides, 5300 tonnes de chlorate de soude, 50 tonnes de glyphosate. D'après l'Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts (UPJ) « sur 13 millions de jardiniers français, deux millions connaissent bien leur affaire, cinq millions ont quelques notions et six millions n'utilisent pas correctement les traitements ». Les tonnages utilisés représentent 10% des pesticides épandus par l'agriculture.

La France est le seul pays à faire une distinction entre usage professionnel et amateur des pesticides. L'Europe vit sous le régime de la directive 1999/45/CE du 31 mai 1999. Il n'y est pas fait de distinction entre les utilisations. Ce texte européen vient d'être transposé en droit français par le biais d'un arrêté du 9 novembre dernier. Les classifications de tous les produits ont été revues, les étiquetages et messages d'avertissement normalisés et surtout les conditions de vente ont été restreintes: «devenus produits dangereux, les traitements de jardin ne peuvent plus être vendus en libre service, prévient-on à l'UPJ. La directive de 1999 impose que la vente se fasse par un personnel qualifié capable de donner informations et conseils d'utilisation ».

En France, 12.000 magasins vendent des phytosanitaires aux particuliers. Mais le secteur est dominé par la grande distribution et les grandes surfaces du bricolage qui occupent la moitié du marché. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) affirme que les grandes enseignes sont bien décidées à offrir de l'information lors de la vente de ces produits. C'est, selon la FCD, un service que les distributeurs rendent à leurs clients. Ils se sont donc lancés dans la formation du personnel. Au total 10.000 vendeurs vont être formés. En revanche, les petits points de vente ne devraient pas pouvoir satisfaire à la nouvelle législation et devront arrêter de distribuer ces produits.

Selon les termes de la directive, plus aucun produit ne peut être vendu sans conseil depuis le 31 juillet 2004. Mais le retard dans la transposition et surtout les délais de réexamen de la classification de ces produits chimiques décallent d'au moins un an la mise en oeuvre du nouveau dispositif . La commission des toxiques du ministère de l'Agriculture a décidé en effet de revoir la classification de tous les produits phytosanitaires qu'ils soient agricoles ou amateurs. Cet examen ne sera achevé qu'en 2005.


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