Moins de CO2, c’est plus d’emplois

Le 22 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Décarboner l'Europe créerait 6 millions d'emplois.
Décarboner l'Europe créerait 6 millions d'emplois.

Une étude commandée par le gouvernement allemand révèle que la réduction d’un tiers en 10 ans des émissions de GES européennes créerait 6 millions d’emplois.

En 2000, l’Union européenne ouvrait son fameux Agenda de Lisbonne. Décrié dès le début, ce programme entendait faire, en 10 ans, de l’économie du Vieux monde, un modèle de développement durable. En soutenant l’innovation, en développement l’économie de la connaissance, sans oublier de penser à l’emploi et à la protection de l’environnement, Bruxelles voulait créer le système économique le plus performant et le plus dynamique du monde.

 

Las, le projet s’est achevé sur un échec total. Malgré l’abandon en route des politiques créatrices d’emploi et préservatrices d’environnement, non seulement l’Europe n’a pas créé l’économie du XXIe siècle, mais perd année après année des places dans le peloton mondial.

 

En 2005, comptabilise la Banque mondiale, l’Europe «pesait» 30,2% du PIB mondial, contre 28,1% en 2009. Durement frappée par la crise, massivement endettée, comptant plus de chômeurs en 2009 que 4 ans auparavant, l’Europe peine désormais à se trouver un nouvel idéal de développement.

 

Au début de l’année, la Commissaire européenne aux affaires climatiques a timidement fait une proposition. Plutôt que de s’en tenir à l’objectif du paquet Energie-climat de 2008 (-20%), pourquoi ne pas aller de l’avant et réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, s’était exclamée Connie Hedegaard.

 

Comme on pouvait s’y attendre, la douce rêveuse fut renvoyée dans ses services par les chefs d’Etat et de gouvernement. Elle en est peu ressortie depuis.

 

Pourtant, il est encore des économistes à penser que la lutte contre le changement climatique peut véritablement doper l’économie européenne.

 

Pour preuve, l’Institut pour la recherche climatique de Postdam (PIK, selon l’acronyme allemand) vient de publier une étude qui éclaircit un peu la grisaille conjoncturelle des 27.

 

Commandé par le gouvernement allemand, ce travail de modélisation montre qu’un passage aux -30% aurait bien des effets bénéfiques sur l’économie et l’emploi. Les économistes partent d’un constat simple: la crise a tellement ralenti son industrie que l’Europe parviendra sans le moindre effort à réduire de 20% ses rejets carbonés entre 1990 et 2020. «Cet objectif est devenu trop faible pour susciter l’innovation et le soutien des politiques. En rester là, c’est approfondir un trou dans lequel nous sommes déjà», résument les auteurs.

 

Les politiques à mener pour atteindre ce nouvel objectif ne sont pas nouvelles. La Commission se tâtant depuis trois ans pour savoir si, oui ou non, elle pourrait engager la création de la première économie «bas carbone» de la planète, elle a eu le temps de préparer son plan d’action. L’agence européenne de l’environnement a ainsi recensé 860 «politiques et mesures» menées ou devant l’être par les 27.

 

Elles devront être complétées par un train de mesures comme la Commission les aime: utilisation des fonds structurels et des revenus des enchères des quotas d’émission pour financer la réduction d’émission chez les nouveaux adhérent à l’UE et le déploiement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique; inciter fiscalement les entreprises à alléger leur empreinte carbone; susciter l’achat de produits et services faiblement carbonés; durcir les normes thermiques des bâtiments; standardiser les réseaux électriques intelligents et leurs applications domestiques.

 

Une telle réorientation permettrait non seulement d’abattre d’un tiers les rejets carbonés communautaires mais aussi d’enrichir le Vieux monde. Selon les calculs des économistes européens (dont ceux de l’université de Paris-Panthéon-Sorbonne), le coup de fouet carbone accroitrait de 0,6% par an le PIB européen; créerait 6 millions d’emplois et ferait passer l’investissement de 18 à 22% du PIB européen.

 

Qui dit mieux?

 

 



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