Moins d’arbres accessibles à Paris qu’il n’y paraît

Le 01 août 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de 160.000 arbres sont recensés dans Paris.
Plus de 160.000 arbres sont recensés dans Paris.
VLDT

Moins de 9% de la surface de Paris seraient plantées d'arbres contre 36% à Tampa.

 

Les dernières vagues de chaleur ont redonné du crédit aux plans de végétalisation des villes. Les arbres urbains réduisent la température des îlots de chaleur, apportent un peu de fraîcheur aux habitants, favorisent l’absorption de l’eau par le sol et redonnent vie à des univers souvent bien minéraux. Pas de débat là-dessus.

Ce qui est neuf, c’est que les édiles rivalisent de programmes de végétalisation. Mi-juin, le maire de Lyon a annoncé la plantation de 20.000 arbres dans la capitale des Gaules d’ici à 2030 (+25% par rapport à l’existant). Plus classique, Bordeaux offre un soutien technique aux résidents voulant végétaliser leur rue. Dernier exemple en date avec Paris. Mi-juin, sa maire, Anne Hidalgo, annonçait la prochaine plantation de 4 «forêts urbaines»: expression un brin galvaudée au vu de la réalité des projets.

162.000 arbres intra-muros

Et justement? Paris est-elle bien la capitale verte décrite par son édile? Les chiffres officiels sont impressionnants. Du bois au square de quartier, les 500 espaces verts parisiens s’étendent sur une superficie de 2.300 hectares: 23% de la surface de la ville-lumière. Précis, les services des parcs et jardins municipaux dénombrent plus de 162.000 arbres intra-muros. Sans compte les 15.000 platanes, marronniers et autres tilleuls qui peuplent les bois de Vincennes et de Boulogne. Pas si mal.

Mais ce n’est pas forcément ce que l’on observe en se baladant dans les rues.

Tampa, ville verte

Les chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT) ont voulu en avoir le cœur net. En couplant les photos de Google Street View et l’intelligence artificielle, les scientifiques ont dressé des cartographies des espaces publics occultés par la canopée des arbres. Une autre façon d’évaluer l’espace 3D occupé effectivement par les platanes, marronniers et autres tilleuls. Une façon aussi de distinguer les espaces publics (rues, jardins publics) plantés d’arbres des espaces privés visibles depuis l'espace mais pas forcément depuis la rue.

En séparant les arbres publics et privés, les chiffres deviennent moins flatteurs. Selon Treepedia, le site mis en ligne par l’équipe du Senseable City Laboratory du MIT, 8,8% de la surface de la capitale française est occupée par des arbres, contre 20,6% pour Amsterdam, 21,5% pour Francfort, 15,2% pour Los Angeles, 13,5% pour New York ou 12,7% pour Londres. Le record à battre est détenu par Tampa (36%) suivi par Singapour (29,3%) et Oslo (28,8%). Bref, la future ville olympique arrive bonne dernière du peloton de la trentaine de métropoles auditées. Ce n’est pas comme cela que l’on réduira les effets des vagues de chaleur promises par le réchauffement.



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