Moins d’agrocarburants dans les réservoirs américains en 2014

Le 18 novembre 2013 par Marine Jobert
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Le bioéthanol US en perte de vitesse.
Le bioéthanol US en perte de vitesse.
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L’éthanol américain a du plomb dans l’aile. L’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) vient de proposer que les volumes d’agrocarburants autorisés dans l’essence soient revus à la baisse. 58 milliards de litres de carburant végétal devraient être additionnés, en 2014, au carburant des Américains, contre près de 62,5 MdL en 2013. De quoi faire mentir les prévisions du Congrès, qui prévoyait en 2007 que le pays aurait besoin de 14% d’agrocarburants en plus à l’horizon 2014. C’était sans compter sur une baisse de la demande en carburant et à un obstacle d’ampleur: l’impossibilité technique d’ajouter plus de 10% d’agrocarburants dans l’essence. «Des avancées dans les économies d’essence des véhicules et d’autres facteurs d’économie ont fait chuter la consommation d’essence plus bas que le prévoyait le Congrès en 2007», constate l’EPA dans un communiqué.

Ecolos et pétroliers unis

La décision fait trois catégories d’heureux: les écologistes, les producteurs de pétrole et les constructeurs de moteurs. Les premiers dénoncent le bilan environnemental désastreux des agrocaburants, non seulement quant aux émissions de carbone qu’ils sont censées réduire, mais aussi au renchérissement des denrées alimentaires ou au changement d’affectation des sols (direct ou indirect). Les deuxièmes sont évidemment ravis que leur part dans les réservoirs yankees ne soit pas grignotée. Les troisièmes, qui jurent qu’adjoindre plus de 10% d’agrocarburants à l’essence détraquerait les moteurs des voitures, des motos et des tondeuses à gazon, soufflent d’aise. Ils avaient annoncé que les engins ne seraient pas garantis au-delà de cette limite, assure le site d’information Grist. Grands perdants: les producteurs d’éthanol –essentiellement à base de maïs- qui jurent leurs grands dieux que ce fameux «blend wall» («mur de mélange») est un leurre imposé par une réglementation sur l’air arbitraire.

Mort de l’innovation

«L’administration a capitulé devant les compagnies pétrolières, estime Bob Dinneen, le président de l’association des carburants renouvelables. Cela serait la mort de l’innovation et de l’évolution des marchés de nos moteurs à essence, et donc renchérir les coûts à la pompe et le coût environnemental de la production d’énergie.»

En septembre dernier, les eurodéputés ont voté l’abaissement à 6% de la part maximale d’agrocarburants de première génération en 2020. Jusqu’à présent, la directive ENR fixait l’objectif à 10%. Par ailleurs, les biocarburants «avancés», produits à partir d'autres d’algues ou de certains déchets, et qui ne concurrencent pas les cultures alimentaires, devront représenter au moins 2,5% de la consommation en 2020.

 



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