Moineau domestique: les urbains sous contrainte

Le 01 mars 2017 par Marine Jobert
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 Moineau domestique,
Moineau domestique,
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Depuis les années 1980, les effectifs de moineaux domestiques ont chuté des deux tiers dans toute l’Europe. Aujourd’hui, les chercheurs constatent que ceux qui vivent en ville sont plus freluquets que leurs comparses des campagnes.

A l’œil nu, vous ne le distinguerez pas. Mais les chercheurs du Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS) l’ont constaté après pesage: le poids du moineau des villes est de 10 à 15% inférieur à celui du moineau des champs. Dans une étude à paraître dans Landscape et Urban planning, on apprend aussi que les petits de Passer domesticus ont la plume terne quand ils nichent en ville, un plumage parfois plus court que leurs congénères campagnards et des réserves énergétiques entamées. Des observations réalisées sur 599 moineaux, juvéniles et adultes, dont les paramètres (taille, masse, structure) ont été relevés sur 30 sites, dans toute la France. «Ce constat semble suivre un gradient: plus c’est urbanisé, plus le moineau est petit», précise Frédéric Angelier, premier auteur de l’étude.

Pas assez d’insectes

Ce sont surtout les jeunes urbains de quelques semaines qui montrent de tels signes. «Cela suggère fortement que les contraintes [de la ville] se font sentir pendant le développement, car la taille est déterminée pendant les premières semaines de vie», analyse Frédéric Angelier. Les contraintes de la vie urbaine sont très nombreuses, allant de la pollution chimique au bruit, en passant par le dérangement, des prédateurs différents et des sites de nidification plus rares. «Notre étude suggère aussi un problème de qualité nutritionnelle», détaille le spécialiste des vertébrés. Autrement dit: avant d’être un granivore accompli, qui fait son miel de miettes de pain, le poussin du moineau domestique est dépendant des protéines animales. En l’occurrence d’insectes, que ses géniteurs peinent à dénicher dans un environnement végétal trop ‘propre’, avec ses pelouses rases, ses haies inexistantes et ses arbres vivants.

Des études ont été menées sur les conséquences du bruit et des métaux lourds sur le merle noir. D’autres conclusions sont attendues dans les années à venir sur les effets du dérangement et de la nourriture.

 



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