Mobilités: la LOM donne les orientations

Le 26 novembre 2018 par Marine Jobert
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Le covoiturage, dopé par les MaaS?
Le covoiturage, dopé par les MaaS?

Après 18 mois d’une réflexion percutée par le séisme des Gilets jaunes, la loi sur les mobilités (LOM) est entrée en gare ce 26 novembre. Au menu, beaucoup d’annonces déjà éventées, la fin des ‘zones blanches’ de la mobilité, deux reculades, moins de béton que d’habitude et de nouveaux acteurs. Mais encore pas mal de voitures individuelles.

Commençons par ce qui fâche. Et d’abord la faculté d’instituer un péage urbain, qui ne sera finalement pas prévue par la loi, faute de collectivités intéressées, assure le ministère des transports. Une note de Bercy avait pourtant conclu qu’il s’agissait de la plus efficace des façons de concilier fluidification du trafic, baisse de la pollution de l’air et amélioration des finances publiques. Mais une taxe de plus, qui en prendrait le risque politique aujourd’hui? Ensuite, l’annonce in extremis de l’abandon d’une vignette sur les poids lourds, qui aurait permis de financer l’entretien du réseau routier à hauteur de 500 millions d’euros. «Il n’a jamais été question de mettre en place de nouvelles ressources pour l’année 2019», s’est défendue Elisabeth Borne en conférence de presse. Sans convaincre.

Des milliards pour le rail et la route

Rayon infrastructures, outre l’abandon de l’A45 entre Lyon et Saint-Etienne, il n’est pas prévu de lancer des chantiers pharaoniques comme les goûtaient les quinquennats précédents. Une vingtaine d’opérations de désenclavement routier (déviations courtes, aménagements de traversée d’agglomérations, créneaux de dépassement, rectifications de virages ou aménagements de carrefours) sont prévues au sein des contrats de plan Etat-région. Montant programmé: 1 milliard d’euros sur 10 ans. Afin de doubler en région la part modale du transport ferroviaire dans les déplacements du quotidien autour des grands pôles urbains, l’Etat prévoit d’y investir 2,6 Md€ dans les 10 années à venir (hors Ile-de-France), afin de traiter «les nœuds urbains saturés». 3,6 Md€ annuels seront investis sur 10 ans sur le réseau ferroviaire existant, avec des projets comme la nouvelle génération de signalisation ferroviaire, des opérations de sécurité (notamment mise en sécurité des passages à niveau), de lutte contre le bruit et de mise en conformité de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Enfin, le réseau fluvial bénéficiera de crédits à hauteur de 110 M€/an entre 2019 et 2022 et 130 M€/an entre 2023 et 2027. Ces programmes prioritaires avaient été annoncés dès septembre dernier.

Plan vélo intact

Rayon ‘mobilités propres’, les annonces sur le plan vélo sont confirmées -mais pas le budget-, à la grande joie de la Fédérations des usagers de la bicyclette (FUB): «En créant un fonds national vélo, en rendant obligatoire le forfait mobilité vélo pour les fonctionnaires, en systématisant le marquage des vélos et en généralisant l’apprentissage de la mobilité vélo avant l’entrée au collège, pour la première fois un plan vélo national est réellement crédible.»

Permis moins cher

Rayon voitures, le gouvernement espère qu’avec 100% de la population (contre 71% aujourd’hui) couverte par une autorité organisatrice des transports (AOT), se brise le cercle infernal dans ces zones où «posséder sa voiture est la seule option pour se déplacer». De quoi proposer au quart de la population, réparti sur les trois quarts du territoire, des alternatives à la voiture individuelle? Pas si sûr. «Les moyens budgétaires sont en deçà des besoins, déplore le réseau Action Climat (RAC). Pour sortir de la dépendance à la voiture individuelle dans tous les territoires, les recettes dégagées grâce à la hausse des taxes sur les carburants doivent être redistribuées [seules 20% seront affectées à cet effet], sous forme d’aides et d’investissements dans les alternatives au tout routier et à la voiture thermique.» Voitures thermiques dont la fin n’apparaît pas du tout dans le texte du projet de loi, déplore Greenpeace. Le permis de conduire va être réformé, pour être obtenu plus vite et à un coût moindre. Un signal plus qu’équivoque.

MaaS

Une kyrielle de mesures, sans forcément de liens entre elles, sont également au programme. Un forfait de 400 € est instauré pour ceux qui optent pour le covoiturage ou le vélo (mais non cumulable avec le forfait transport), qui sera financé de façon consultative par les entreprises. Les collectivités locales sont également concernées. Les trottinettes électriques vont devoir quitter les trottoirs. L’expérimentation pour le véhicule autonome est confirmée, même si les allégations environnementales qui vont avec son développement et son acceptabilité sociale peinent à faire leurs preuves. Enfin, un grand pas pour l’open data est franchi avec cette loi, qui permettra de développer les MaaS –Mobilité as a Service– soit des plateformes consolidées et multimodales d’information et de vente de billets de transport.

 

 



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