Mobilité: la fin des promesses d’un Etat sans le sou

Le 19 septembre 2017 par Marine Jobert
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Les transports du quotidien au coeur des débats.
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Alfenaar

Fini, les promesses intenables financièrement. C’est la… promesse d’Edouard Philippe formulée devant les 600 personnes venues l’écouter en ouverture des Assises de la mobilité, qui vont durer trois mois. ;

«Nous avons beaucoup trop promis.» Le Premier ministre a fait ses comptes: il manque 10 milliards d’euros pour assumer les engagements des précédents gouvernements en matière d’infrastructures. Sept milliards pour les nouveaux équipements et 3 pour l’entretien. «Nous pourrions continuer à promettre. (…) Mais nous avons fait le choix de la sincérisation (sic. En ouverture des Assises de la mobilité, ce 19 septembre, devant un parterre fourni d’élus, d’entreprises et d’ONG, Edouard Philippe se veut rassurant. «L’époque des grands projets techniques et industriels n’est pas derrière nous, mais [les projets] peuvent changer de nature et ne plus se mesurer au nombre de kilomètres d’asphalte.»

Planification sur 10 ans

Surtout, plus question de lancer de projet sans écrire les ressources en face. Une responsabilité qui sera confiée à un conseil d’orientation des infrastructures, chargé de planifier sur 10 ans les investissements (sans oublier les besoins liés à la régénération et à la modernisation des réseaux) et une programmation équilibrée sur 5 ans, qui sera soumise au Parlement. Confié à l’ex-député socialiste Philippe Duron, ce conseil réunira 3 députés, 3 sénateurs, 4 élus et 5 personnes qualifiées (dont Bruno Cavagne, le président de la Fédération nationale des travaux publics -FNTP).

Spinetta au chevet du rail

A l’avant-veille de l’ouverture des trains de passagers à la concurrence, il est temps de mettre un coup d’arrêt à l’endettement du réseau SNCF, estime le Premier ministre, car chaque année le passif s’alourdit de 3 milliards d’euros supplémentaires. «Cette croissance continue, importante et non soutenable de l’endettement n’est pas exclusivement due à l’entreprise, tempère Edouard Philippe. Mais nous voyons tous que ce système n’est pas durable. 70% des dessertes du TGV sont déficitaires.» C’est Jean-Cyril Spinetta, l’ex-PDG d'Air France-KLM, qui va être chargé de proposer les conditions d’une transformation réussie du secteur ferroviaire, dont les conclusions seront rendues au 1er trimestre 2018, «pour engager le débat sur des bases saines et solides, chiffrées, devant le Parlement».

Le retour du canal Seine-Nord

Pour la première fois depuis l’annonce de la «pause» en juillet dernier, le Premier ministre est revenu sur l’imbroglio du canal Seine-Nord. Après avoir salué l’effort des collectivités, qui ont proposé de verser en premier leur contribution, repoussant d’autant les paiements de l’Etat -«c’est un geste significatif»-, il est revenu sur le projet de transformer la société de projet d’établissement public de l’Etat [en charge du projet de canal] en établissement public local.

Il incomberait alors aux collectivités locales d’assumer la conduite du projet, «ce qui est inédit pour une réalisation de cette ampleur», a souligné Edouard Philippe. Autre enjeu, qui fleure bon le retour de la taxe poids lourd: garantir les recettes permettant de rembourser l’emprunt et, plus généralement, le financement de l’opération, «en mettant en place une ressource compatible avec la logique de report modal qui est au cœur de ce projet». Quant au Lyon-Turin, c’est Emmanuel Macron qui écope du sujet, qui sera au menu des discussions du prochain sommet franco-italien le 27 septembre prochain.



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