Mobilisation contre les déchets dangereux des garages

Le 26 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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L’agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) ont signé jeudi 25 novembre un accord de partenariat pour la collecte et le traitement des déchets dangereux des garages.

Les professionnels de l'automobile produisent tous les ans deux millions de tonnes de déchets. Les 14.000 garagistes du seul bassin Seine-Normandie (25 départements, 17 millions d'habitants) en produisent 460.000 tonnes dont 120.000 tonnes contenant des substances dangereuses pour l'eau. Pour l'AESN, le gain sur la qualité des eaux superficielles et sur l'efficacité des stations d'épuration peut être important. 10% seulement des garagistes respectent les normes concernant les eaux usées et les déchets. Les pratiques conduisent toujours au déversement les liquides dangereux au tout-à-l'égoût et les déchets solides avec les déchets ménagers ou dans les déchèteries municipales.

C'est le CNPA qui a pris l'initiative d'alerter l'agence de l'eau: «nous avons déjà agi avec les collecteurs de déchets comme les pneus usés ou les huiles usagées, explique Françis Davoust, vice-président du CNPA en charge de l'environnement. Mais nous devons aller plus loin. Désormais, nos clients nous jugent aussi sur notre respect des milieux naturels». Actuellement, seules les huiles usagées sont correctement éliminées. Sur 65.000 tonnes produites, 55.000 sont correctement collectées et traitées. En revanche, 4500 tonnes de filtres à huile et à carburant sur 14.000 tonnes, une batterie sur deux, 2000 tonnes d'emballages vides sur 5500 tonnes et 320 tonnes de tissus souillés sur 4000 tonnes produites sont effectivement pris en charge par une filière de retraitement.

Le CNPA a commencé à agir sur les plus grandes entreprises: «nous avons signé un accord avec les constructeurs automobiles pour que leurs concessionnaires trient leurs déchets, poursuit Françis Davoust. Les réseaux indépendants ont également été sensibilisés. Nous espérons que sur l'ensemble du territoire français, la moitié de ces entreprises seront effectivement équipées de systèmes de pré-traitement des eaux et de matériel de collecte sélective d'ici 2006». Reste donc le cas de milliers de petits garagistes. «Pour que ces artisans disséminés sur le territoire et produisant de petites quantités de produits toxiques soient impliqués, il a fallu inventer des équipements peu onéreux » poursuit Henri Sartore, responsable du service déchets des petites entreprises à l'AESN. De petits prestataires de service proposent désormais des modules de récupération comprenant bidons de récupération, palettes de stockage, séparateur à hydrocarbures que l'on peut stocker sur une aire imperméable et sous un auvent. Construction de l'abri compris, l'ensemble coûte entre 3.000 et 4.000 euros. Des installations plus sophistiquées peuvent s'élever jusqu'à 15.000 euros.

L'AESN contribue à hauteur de 9 millions d'euros avec la signature de cet accord. D'ici 2006, 1.500 garages vont bénéficier d'une subvention de 30% et d'une avance pouvant couvrir 50% du montant de l'investissement: «notre stratégie, c'est l'effet boule de neige, explique Henri Sartore. Pour réussir, il faut une aide incitative et un date d'échéance de l'aide relativement rapprochée pour que l'effet de concurrence entre les artisans joue à plein». L'accord avec le CNPA est le deuxième contrat sectoriel signé par l'agence de l'eau. En avril 2004, l'AESN a signé une convention avec le Conseil national d'entretien du textile afin de remplacer 1.200 machines de nettoyage à sec d'ici 2006.


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