Minsk part à la reconquête de ses terres contaminées

Le 17 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En 1986, rappelle l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les retombées de l’accident de Tchernobyl ont contaminé 46.500 kilomètres carrés du territoire biélorusse. Soit 22 % de la superficie de l’ancienne république soviétique. Situées essentiellement dans le sud-est du pays, dans les régions de Gomel et de Mogilev, ces zones ont été évacuées. A charge, en principe, pour le gouvernement de trouver un nouveau toit pour les 137.000 personnes déplacées.

 

Près d’un quart de siècle après l’accident, Minsk est décidé à redonner vie humaine à ces zones. Il y a quelques jours, l’Académie des sciences de Biélorussie a publié un vaste plan de reconquête. Venant à la suite d’un précédent plan quinquennal spécifique, le « State Program on Overcoming the Consequences of Chernobyl, 2011-2015 and the period to 2020 » se fixe un objectif ambitieux : créer les conditions socio-économiques permettant de rendre ces régions attractives.

 

Doté d’un budget de 6.511 milliards de roubles (1,6 milliard d’euros), ce programme vise, dans un premier temps, à restaurer les conditions de vie nécessaires à l’installation de pionniers. Pour ce faire, le plan prévoit de réduire le risque d’incendie dans les forêts, pour éviter la mise en suspension des particules radioactives de Césium 137 et de Strontium 90 présentes dans le sol et les végétaux. Par ailleurs, souligne World Nuclear News, les 14.000 engins contaminés qui furent rapidement enfouis dans les semaines qui suivirent l’accident, devront être exhumés et évacués. Les 5.600 bâtiments qui menacent de s’effondrer, ou qui sont trop contaminés, devront être détruits pour laisser la place à des constructions neuves.

 

Minsk devra aussi rétablir les infrastructures vitales. Ces 5 prochaines années, plus de 21.000 logements devront être raccordés au réseau de gaz. Par ailleurs, 1.368 km de routes seront tracées. Dix nouveaux réseaux d’évacuation des eaux usées seront mis en place, ainsi que 5 stations de pompage d’eau potable.

 

L’administration Loukachenko entend également développer l’agriculture. Les surfaces les plus contaminées seront plantées de forêts, dont le bois pourrait être utilisable dans certaines conditions (chaudières spéciales). Les terres les plus propres sont promises aux cultures : Minsk entend ainsi récupérer 10.000 km 2 de terres arables au cours des prochaines années.



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