Mines: un permis pour IamGold, de retour en Guyane

Le 05 septembre 2016 par Marine Jobert
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Vue de la montagne Kaw.
Vue de la montagne Kaw.

Un permis minier a été délivré pour rechercher de l’or dans la forêt guyanaise, au même endroit qu’un précédent permis accordé… à la même entreprise. Problème: l’Etat avait fini par retirer sa première autorisation, essentiellement pour des raisons environnementales.

Six ans après avoir été boutée de Guyane par les services de l’Etat et une forte opposition locale, la société IamGold vient d’obtenir un nouveau permis exclusif de recherche de mines pour de l’or (ainsi que de l’argent, du cuivre et du zinc), au cœur de la forêt tropicale. Délivré pour 5 ans par un arrêté du 26 août dernier, ce permis Marupa, accordé à la filiale française de l’entreprise canadienne (voir encadré), court sur le site de la montagne de Kaw, en plein milieu de la réserve naturelle des marais de Kaw-Roura. Là précisément où, en janvier 2008, dans la foulée du Grenelle de l’environnement, un premier permis d’exploitation avait été refusé par Nicolas Sarkozy. IamGold comptait alors extraire 34 tonnes d'or en 7 ans de cette concession de 30 kilomètres carrés, en utilisant un procédé industriel à base de cyanure, avec 340 emplois à la clé.

IamGold affiche une production annuelle moyenne de 800.000 onces d’or attribuables, avec 4 mines en exploitation sur trois continents. Iamgold exploite notamment la plus grande mine du Burkina Faso: Essakane. Dans une étude menée par les Suisses de l’ONG Pain pour le prochain et Action de carême, il apparaît que les conséquences de l’extraction de l’or depuis 2009 sur cette concession de 100 km2 sont importantes. 25.000 familles déplacées, conflits d’usage des terres, difficultés pour l’accès à l’eau, agriculture déstabilisée…

Espèces endémiques

Dans un arrêté daté du 26 août 2010, le préfet de Guyane détaillait en 35 points les raisons du rejet de la demande d’ouverture de travaux miniers, qui présentait «un cumul d’impacts dont certains présentent un caractère irréversible dans un site exceptionnel». La richesse floristique et faunistique était soulignée, avec la présence de quantités de primates, de chiroptères ou d’espèces végétales endémiques. «Ce que les gouvernements de la droite sarkozyste avait refusé, la ‘gauche’ d’Emmanuel Valls et de Macron l’autorise!», s’indigne le site alternatives-projets miniers, qui recense l’actualité minière mondiale.

Columbus Gold, pire encore

Car l’ex-ministre des finances voit d’un très bon œil le développement des activités minières. En août 2015, il apportait par exemple son soutien plein et entier au projet d’exploration de Columbus Gold, dans l’ouest de la Guyane, quand Ségolène Royal se montrait bien plus réservée. Un projet décrit par des opposants comme «IamGold à Kaw, mais en bien pire!».

 

 



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